Santé économique et financière dans les pays occidentaux

03 décembre 2016

Pourquoi la Syrie est à feu et à sang ?

Rzsponsabilité des Etats-Unis,de l' Europe du Qatar et de l' Arabie Saoudite dans le conflit Syrien ?

Pourquoi donc la Syrie qui, sans être une "démocratie" était encore au début des années 2000 un pays ou il faisait "à peu près bon vivre"...?

Pourquoi Bachard al Assad serait-il devenu subitement un "tyran sanguinaire" aux dires de certains ?

En 1971, une poche de gaz gigantesque a été découverte dans le Golfe Persique, répartie à moitié entre le Qatar et l'Iran. Cette poche, les Qataris l'ont nommée NORTH DOME, et les Perses-ou Iraniens- l'ont nommée SOUTH PARS. Cette poche de gaz représente 20% des réserves naturelles du gaz du monde.

Le Qatar a commencé les forages en 1988, pour passer à partir de 1996 en phase de production et augmenter progressivement sa capacité de production au fil des années. L'Iran du fait du blocus économique qui le frappait, n'a pu commencer l'exploitation de ce champ que bien plus tard, mais rattrape depuis son retard.

De l'autre côté, schématiquement, l' Europe est un gigantesque consommateur de gaz qui ne produit pratiquement rien et doit tout acheter sur le marché international. Les trois grandes sources de gaz qui alimentent l' Europe sont l'Algérie, les champs de la mer du Nord (exploités par la Norvège et le Royaume-Uni) et...la Russie.

La Russie ayant réussi à nouer des liens proches avec l'Algérie, L'Europe vit donc dans une situation de dépendance stratégique permanente vis-à-vis d'une coupure toujours possible du gaz russe qui, si elle était également appliquée par l'Algérie plongerait l' Europe dans un crise énergétique grave.La conjonction de ces deux facteurs d'un côté un Qatar et un Iran producteur massifs d'un gaz abondant, et de l'autre d'une Europe qui voudrait diversifier ses sources d'approvisionnement énergétiques, tout cela explique le rapprochement entre la France et le Qatar (mais aussi le relâchement du blocus iranien).

Donc à partir de 2007, un Qatar ayant des quantités immenses de gaz à fourguer a commencé à draguer l'État français s"offrant des clubs de foot, des coupes du monde pour devenir populaire et..;en substance, monter un gazoduc direct  allant du Qatar passant par l'Arabie Saoudite, rejoignant la Turquie puis rentrant en Europe par les Balkans. Le seul problème..c'est qu'entre l' Arabie Saoudite et la Turquie il n'y a que deux pays, le premier l'Irak et le second la Syrie. L'Irak étant en guerre et jugé totalement inadéquat pour y construire un gazoduc, les Qataris et les Saoudiens ont proposé en 2009, a Bachar al Assad de construire ce gazoduc sur son territoire.

Bachar al Assad étant l"allier de la Russie, cette dernière lui fit refuser ce transit, puisque ce gaz allait la priver de son arme stratégique contre l'Europe. Assad refusa donc ( Sarkozy était alors à l'Elysée et avait invité Bachar Al Assad le 14 juillet, au cours duquel il a menacé de mettre la Syrie à feu et à sang..!), en conséquence de quoi, en 2011 le Qatar et l'Arabie Saoudite consacrèrent quelques milliards d'euros à la création de milices en Syrie pour entamer un conflit contre Assad dans l'espoir de le destituer, étant entendu que l' Etat qui prendrait sa place pourrait être islamiste ou n'importe quoi d'autre, la seule obligation qui lui incombait dès sa prise de pouvoir se résumant à la construction de ce gazoduc.

Le Qatar et l'Arabie Saoudite financèrent ainsi Al Nostra branche d'Al Qaîda en Syrie, avec la bénédiction d'Israêl qui voyait d'un bon oeil la chute d' Assad qui ainsi arrrêterait de financer le Hezbollah qui du coup n'aurait plus eu de financement pour continuer de tirer des roquettes sur Israël.Et la guerre civile en Syrie éclata, et la guerre s'enlisa pendant des mois, des années...

En septembre 2013, excédés par le temps que prenait cette petite guerre coloniale, le USA, la France et le Royaume-Uni se décidèrent à envoyer une flotte de guerre pour appuyer les rebelles syriens et faire chuter Bachar et son régime. La Russie qui ne l'entendait pas de cette oreille, envoya plusieurs navires de guerre s'interposer entre la côte syrienne et la coalition qui allait passer à l'attaque.

Il faut ici comprendre que la façon de faire la guerre des USA est très monolithique, codifiée..lorsqu'ils passent à l'attaque,ils le font avec

1) des missiles tomahawk qui permettent de détruire les radars à interéférométrie et les radars passifs (ceux qui voient les avions furtifs)

2) ce qui permet ensuite d'envoyer l'aviation furtive détruire les défenses anti-aériennes et les PC de commandement

3) ce qui permet ensuite d'envoyer la vague de bombardiers classiques pour inonder les troupes terrestres ennemies de bombes.

Donc, toute la stratégie américaine est basée sur l'attaque des tomahawks. EN septembre 2013 la flotte US avant de lancer le gros de ses tomahawks en a lancé deux de reconnaissance..et ils ont eu la désagréable surprise de les voir tomber dans l'eau, leurs missiles ayant été brouillés par les contre mesures électroniques de la flotille russe.Donc alors que la télé nous bombardait avec les explications sur l'attaque qui allait avoir lieu, que Hollande l'avait annoncée publiquement, eh bien l'occident a dû replier ses billes et rentrer penaud à la maison.

La vengeance de l'occident eut lieu quelques mois plus tard...en Ukraine. Une révolution fut organisée par les services secrets américains et européens; Des barbuzes de la DGSE engagèrent quelques centaines de mercenaires pour organiser un coup d'Etat qui eu bien lieu, le but premier étant de punir la Russie qui avait eu l'outrecuidance de croire qu'elle pouvzit agir en tant que superpuissance, et l'Ukraine tomba aux mains d'une junte pro-occidentale.

La Russie réagit en récupérant la Crimée et en réussissant à utiliser le sentiment pro-russe d'une bonne moitié de l'Ukraine pour entamer là-bas une guerre civile permettant à l'Europe d'inventer des sanctions économiques pour mettre à mal l'économie russe. La Russie a survécue sans trop de problèmes au choc économiques.

Pendant ce temps la guerre continuait en Syrie...Al Nostra avait accouché d'un monstre, l' État Ilslamique, la guerre de tranchées était de plus en plus défavorable au régime d'El Assad. L'Iran considérait à juste titre que l' Arabie Saoudite finançait aussi bien en Syrie qu'en Irak, l'Iran soutenant les pouvoirs centraux syrien et irakien et étant en conflit officieux avec l'Arabie Saoudite décida d'appuyer une révolte armée au Yemen contre l'Arabie Saoudite.

Ainsi l'Iran et l'Arabie Saoudite sont en conflit sur trois fronts en Syrie, en Irak et au Yemen, l'exploitation de la poche de gaz North Dome/ South Pars étant le noeud du problème. C'est ainsi que le Russie décida d'intervenir directement en Syrie, il y a quelque trois mois pour assister le pouvoir central, en faisant travailler essentiellement son aviation sans troupes au sol.

L'espoir changea de camp, le combat changea d'âme.Le troupes d'Al Assad reprenant le dessus, la construction Qataro-arabo-turco-atantique tomba à l'eau. Qui plus est l' Etat islamique Al Nostra ayant poussé le bouchon un peu plus loin que ce qui était attendu..il devenait de plus en plus difficile pour les "démocraties occidentales" de faire croire qu'elles étaient du côté du "bien" et l'on ne peut que constater l'habileté avec laquelle Poutine a réussi à remporter la guerre médiatique en Occident.

Malgré les avis divergents sur l'origine du conflit cela revient à dire d'une manière ou d'une autre qu'il est dangereux de traiter avec les arabes. C'est la morale qui en ressort. Bien fait pour la gueule de nos dirigeants et tant pis pour nous, les cons dans l'affaire.

A nous de nous dépatouiller avec les problèmes qui en découlent mais sûrement pas en baissant le froc!.

 

 

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02 décembre 2016

Syrie : les civils victimes du "régime" ?

Les civils (otages) peuvent enfin fuir les combats et rejoindre des camps d'acceuil mis en place par le "régime"

Est-ce la vérité ?

La concomitance de la déroute en cours des "rebelles" et l'exode des civils (qui se réfugient auprès de l'armée régulière syrienne) contredisent la version des grands médias occidentaux.

Ces derniers, prompts à alerter l'opinion sur la présence de civils dans les quartiers tenus par les combattants, s'inquiètent maintenant des civils qui fuient les combats à mesure que les "rebelles" cèdent du terrain. "L'Express" évoque ainsi le "martyr" d'Alep et titre : "laissez sortir les civils à Alep-Est où l'exode s'accélère".

Mais qui retient les civils ?

Et si l'exode s'accélère c'est qu'ils sortent déjà !

"Le Monde" dans un article intitulé: Syrie la rebellion s'effondre à Alep  : "jamais sans doute le désespoir des civils n'avait été aussi grand dans les quartiers "rebelles" d'Alep" .

Par simple juxtaposition des termes "l'effondrement de la rebellion" , c'est aussi le "désespoir des civils", rien pourtant n'est moins sûr que la solidarité entre ces combattants et la population jusque-là piégée dans les quartiers Est d'Alep.

A Alep, selon le grand reporter du "Figaro", Georges Malbrunot qui s'est rendu sur le terrain en octobre 2016, les forces "rebelles" se décomposaient alors de la façon suivante : 2 000 djihadistes de l'ex front Al-Nostra, rebaptisé Fatah al-Cham mais aussi branche syrienne d'Al-Qaïda, dont les leaders dirigent les autres groupes terroristes, qui n'ont d'autre choix que d'obéir; le groupe salafiste d' Ahrar Al-Cham 3 000 combattants environ, soutenu par le Quatar et l'Arabie saoudite, et enfin les rebelles "modérés" de l' Armée syrienne libre, laquelle s'est évaporée dans le reste du pays, mais serait encore à Alep. 

Les médias s'inquiètent donc de "l'effondrement de ces combattants extrémistes", les préférant toujours au "régime" de Bachar al Assad.

Quant aux civils en fuite, la première interrogation qui vient à l'esprit est : pourquoi fuient-ils maintenant et quel est l'évenement déclencheur qui leur permet de fuir, plutôt maintenant qu'auparavant ?

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (hostile au régime) admet que quelques 50 000 habitants auraient fui la zone de combat en quelques jours. Les "rebelles" ne semblent plus en mesure de verrouiller les quartiers ni de contenir la population.

Les médias préfèrent voir des civils en fuite devant les troupes de Bachard al Assad ..! (Il faudrait admettre que les "rebelles" auraient pris la population en otage...c'est d'ailleurs le cas en Irak à Mossoul, où les occidentaux appuyés par leur presse, parlent dans ce cas de population utilisée comme bouclier humain et de...terrorisme! ).

En fait, les civils en fuite se réfugient dans des camps mis en place par le "régime" et non auprès des "rebelles".

Les civils, victimes du "régime" en Syrie, mais otages en Irak ?  cherchez l'erreur !

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28 novembre 2016

L'OCS mène la grande transformation de l'Eurasie

L'Organisation de Coopération de Shanghaï mène la grande transformation de l'Eurasie.

Elle est en voie de passer de la coopération en matière de sécurité et de défense à un effort supplémentaire dans les domaines économiques et financiers.Durant son quinzième sommet, tenu début novembre, le Premier ministre chinois, Li Keqiang, a proposé à ses membres l'établissement d'une zone de libre-échange commercial et la création d'une banque régionale de développement, qui augmentera l'influence de Bejing et de Moscou sur une région qui, de l'avis des principaux stratèges des États-Unis; définira finalement le futur de l'hégémonie globale.

Zbigniew Brzezinski, qui était conseiller à la sécurité nationale du président Jimmy Carter, a écrit en 1997 dans son livre "Le Grand échiquier" : La primauté américaine et ses impératifs géostratégiques, que l'une des conditions pour que les États-Unis conservent leur hégémonie mondiale était d'empêcher, à tout prix, l'émergence d'une puissance concurrente en Eurasie.

( à noter que Brzezinski abandonne l'empire...voir mon article du 27/11/16 intitulé  : L'Echiquier brisé).

Aujourd'hui, non seulement Washington n'a plus de contrôle sur cette zone, mais les Chinois mènent, avec la Russie, la construction d'un réseau économique et financier concernant tous les pays de la région. Presque tous les médias occidentaux ont occulté que, début novembre, le Premier ministre chinois, Li Keqiang, a visité plusieurs pays d'Asie centrale. Li a atterri à Bichkek (Kirghizistan) pour participer au quinzième sommet des chefs de gouvernement de l' Organisation de Coopération de Schanghaï (OCS)

L'OCS qui couvre environ 300 millions de kilomètres carrés, 60% de toute l'Eurasie et abrite un quart de la population mondiale, est composée de la Chine, de la Russie, du Kazakhstan, du Kighizistan, du Tadjikistan et du l'Ouzbékistan. L'Inde et le Pakistan sont dans une processus d'adhésion qui devrait se conclure au sommet d'Astana, qui se tiendra en juin 2017.Ne pas oublier aussi l'Iran qui a développé considérablement ses échanges avec la Chine depuis deux ans.

L'OCS s'engage maintenant dans la coopération économique et financière. Juste au moment où le commerce international des pays de l'OCS a enregistré sa pire performance depuis le début de la crise financière de 2008, il est devenu urgent de renforcer les liens, tant en termes d'échanges commerciaux que d'investissements. Pour faire face au ralentissement économique mondial, il est impératif que les pays émergents renforcent leurs relations Sud-Sud afin de réduire leur dépendance à l'égard des pays occidentaux,aujourd'hui embourbés dans la stagnation.

L'élimination des barrières tarifaires pourrait bien permettre aux pays de l'OCS d'augmenter les flux commerciaux et les investissements de façon substantielle avec les blocs régionaux constitués par les économies émergentes : par exemple, l'Union eurasienne économique (UEE composée de la Russie, de la Bielorussie, du Kazakhstan de l'Arménie et du Kirghizistan) .

En outre, au cours de la réunion avec ses homologues de l'OCS , Li a promu la mise en service d'une banque régionale de développement, et d'un fonds de crédit spécial. A son avis, ces instruments seront en mesure de répondre aux besoins de financement de la région eurasienne. Si elles se concrétisent ces institutions ajouteraient aux institutions financières menées par la Chine qui ont été lancées ces dernières années : La Nouvelle Banque de développement des BRICS et la Banque asiatique d'investissement dans l'infrastructure.

Il est important de noter que toutes ces initiatives participent à l'objectif principal de canalisation de l'épargne des pays émergents vers le financement de l'initiative économique internationale la plus ambitieuse entreprise par la Chine au cours des dernières années, la Nouvelle Route de la Soie : "Une Ceinture une Route" un vaste réseau de transport reliant les pays de l'Est, du Sud et du Sud-Est asiatique avec le Moyen-Orient et l'Afrique du nord jusqu'à l'Europe.

La Chine confirme que l'intégration économique de l'Asie est l'une de ses priorités stratégiques. Bien que l'administration Obama a lancé la doctrine du "pivot vers l'Asie" en 2011, une stratégie de défense qui avait pour mission de contenir la montée de Bejing en tant que superpuissance, ses dirigeants ont réussi avec de nombreux succès à consolider leur leadership régional. Maintenant, il semble que l'avertissement prodigué par Brzezinski il y a près de deux décennies, soit devenu une réalité douloureuse pour les États-Unis: L'OCS soutenue majoritairement par la Chine et la Russie a conduit à la grande transformation de l'Eurasie.

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26 novembre 2016

La Mondialisation : avis de régression

Source : Yann FIEVET

La Conférence des Présidents du Parlement européen a décidé le 17 novembre dernier de refuser à deux commissions du dit parlement le droit d'examiner le CETA, l'accord de libre échange EU/CANADA. Cette décision est sans précédent.

Depuis des semaines, les représentants de la droite, des libéraux et des sociaux-démocrates faisaient tout leur possible pour étouffer le débat sur le CETA, manoeuvre après manoeuvre. Avec cette décision, la boucle est bouclée : il n'y aura pas d'espace au Parlement européen pour empêcher d'autres commissions de se pencher sur l'accord, et d'étudier le texte sous d'autres angles : environnement, agriculture, démocratie, consommation, etc.

Lors de la même réunion de la Conférence des Présidents, il a aussi été décidé de ne pas d'une motion défendue par plus de 80 députés de toutes couleurs politiques, sur la légalité des dispositions de protection des investissements du CETA,. Ces scandaleuses décisions montrent à quel point les fanatiques du libre-échange, y compris sociaux-démocrates, ont une peur bleue du débat sur le contenu de ce traité. Qui a dit pourtant que la démocratie c'est le débat ?  Et l'on s'étonnera que les peuples n'y croient plus !

A chaque année qui passe les espoirs d'une "mondialisation heureuse" s'éloignent. Certes, seuls les hommes les plus naïfs et ceux qui avaient intérêt à leur faire croire à cette fable grossière usaient ces dernières années de cet adjectif collé à un processus mortifère puisque orchestré par "les nouveaux maîtres du monde" contre les "multitudes". Partout , les possesseurs du capital exploitent de manière éhontée puis jettent sans vergogne des "flux" de main-d'oeuvre qui viennent alors grossir les rangs des outsiders. Partout, une économie de dévoration ravage les écosystèmes pour nourrir en "ressources" épuisables la méga-machine dont les rejets nocifs sont de plus impossibles à contenir désormais.

Partout, les fractures sociales et écologiques poussent des pans entiers des sociétés humaines vers le désespoir. Sur ce terreau fertile  des hommes et des femmes se prétendent de bonne volonté se font élire pour diriger à leur tour le système qui les a si bien servi jusqu'alors. Ils ne feront ensuite qu'aggraver le sort des plus humbles et renforcer celui des nantis car telle est la loi du capitalisme débridé dont ils ne songeront surtout pas à inverser le sens profond.  (62 personnes disposent d'un patrimoine équivalent à celui de la moitié la moins riche de l'humanité : 62 d'un côté, alors que 3,5 milliards, cela représente 3,5 x 1 000 x 1 000 x 1000  êtres humains, ce qui on en conviendra, dépasse l'imagination !).

La mondialisation pourrait ne pas être malheureuse. Pour ce faire il faudrait qu'elle soit conduite autrement que par la domination exorbitante des firmes transnationales dont le capital est de plus en plus concentré dans les mains de gros actionnaires toujours plus gourmands. (l'insatiable appétit des puissants). Dans de telles conditions, prôner le libre-échange comme mode dominant de fonctionnement des marchés ne peut qu'accroître les inégalités de développement tant à l'intérieur des nations que dans la confrontation des nations entre elles. La domination du libre-échange en donnant la priorité presque absolue à la dimension économique des activités humaines ne peut que favoriser l'affaiblissement progressif des normes de protection des communauté locales.

Enfin, la financiarisation exacerbée de l'économie, en renforçant toujours plus la volatilité des capitaux, ne fait que favoriser le risque de déstabilisation des économies locales rarement préparées à supporter les conséquences de décisions prises par des "donneurs d'ordres" souvent très éloignés des lieux de la production des richesses matérielles et des lieux de vie des hommes.

Une autre mondialisation basée sur le partage réel des richesses et une exacte connaissance des besoins des hommes partout où ils vivent, est éminemment souhaitable. Elle ne sera possible qu'au prix de la condamnation du néolibéralisme économique que des régimes politiques, que l'on fait encore mine de croire démocratiques, soutiennent contre vents et marées. Le changement radical n'est donc hélas pas pour demain matin !

Car demain matin c'est le populisme qui va triompher en France, comme c'est désormais le cas aux États-Unis. Pour changer les orientations profondes de la mondialisation il faudra d'abord renvoyer les hommes qui la façonnent. Albert Einstein n'avait-il pas dit : "On ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l'ont généré". Honorons cette parole par des actes.

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25 novembre 2016

Ukraine : La junte de Kiev bombarde intensément

"La junte de Kiev oblige les FAU à pilonner les républiques de Donetsk et de Lougansk"

déclare l'ex-agent du ministère de la Défense de l'Ukraine.

A noter le projet du document soumis par la Russie à l'ONU, visant à lutter contre le racisme et la discrimination, a été adopté par 131 pays. Trois seulement se sont prononcé contre, dont l'Ukraine et les États-Unis, pays qui votent régulièrment contre.

D'autre part, un nouveau scandale a éclaté en Ukraine, où le ministre de la Culture, Evgueni Nichtchouk a qualifié de population "sans aucune génétique" les habitants du sud-est de l'Ukraine (le Donbass). Cette ségrégation "génétique" a créé un tollé sur les réseaux sociaux et certains hommes politiques ont exigé la démission du ministre.

(L'Occident fermera-t-il les yeux sur les déclarations "nazies" d'un ministre ukrainien ?)

Les autorités ukrainiennes qui sont arrivées au pouvoir suite au coup d'Etat de Maïdan obligent l'armée à effectuer des pilonnages de provocation des territoires de la DNR et de la LNR, pour empêcher l'arrêt des hostilités dans le Donbass.  C'est ce qu'a déclaré au Centre d'Information de Lougansk l'ex-adjoint du ministre de la Défense de l'Ukraine qui a rejoint les forces républicaines Alexeï Sélivanov.

C'est ce qui explique selon lui les bombardements incessants des zones des deux républiques, situées près de la ligne du front, y compris la périphérie de Lougansk.

" La paix n'intéresse pas le pouvoir kievien. La seule chose qui lui permet de tenir, c'est la guerre. En période de guerre, on peut coller à tous les mécontents une étiquette d' "agent ennemi", et c'est ce qu'elle fait " a expliqué Sélivanov.

" Le pouvoir kievien, c'est un pouvoir terroriste qui a pris tout le pays en otage. Après le coup d'Etat, les habitants de l'Ukraine n'ont obtenu que la chute du niveau de vie et la dépression économique. Ils détestent ce pouvoir à cause de la perte des acquis sociaux, à cause du déchaînement du nazisme et à cause de la guerre. Dans le Donbass les civils meurent sous les obus des FAU et pratiquement dans un reportage sur deux, les commandants de l'armée avouent qu'il n'ont pas l'intention d'arrêter les pilonnages" a indiqué le militaire.

"De nombreux ukrainiens sont restés lucides. Mais ils ne se révoltent pas par peur de représailles de la part des services spéciaux ou à cause de la guerre. Ainsi, les hostilités vont se poursuivre tant que la junte de Kiev conserve le pouvoir" pense l'ex-agent du ministère de la  Défense de l'Ukraine.

( A quand l'application des accords de Minsk ?).

 

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22 novembre 2016

Poutine, de Munich (2007) à Valdai (2016)...(3)

Poutine et la crise des démocraties occidentales.....  à lire et relire

C'est incontestablement la véritable nouveauté de son discours lors du Forum de Valdai 2016, Vladimir Poutine fait une critique en règle du mode de fonctionnement politique des pays occidentaux, une critique qui raisonne aujourd'hui, après l'élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis, de manière prémonitoire. Car que dit-il ? Il commence en fait par faire un bilan des fonctionnements, ou plus précisément des dysfonctionnements politiques des pays occidentaux :

"Oui, formellement, les pays modernes ont tous les attributs de la démocratie. Élections,liberté d'expression, accès à l'information. Mais même dans les démocraties les plus avancées, la majorité des citoyens n'ont aucune influence réelle sur le processus politique et aucune influence directe et réelle sur le pouvoir Les gens sentent un écart toujours croissant entre leurs intérêts et la vision que l'élite développe de la seule trajectoire qu'elle considère comme correcte, une trajectoire que l'élite elle-même choisit. Il en résulte que les référendums et les élections créent de plus en plus de surprises pour les autorités. Les gens ne votent pas du tout comme les médias officiels et respectables leur ont conseillé, ni comme leur ont conseillé les principaux partis. Des mouvements publics qui, il y a peu de temps, étaient considérés comme trop à gauche ou trop à droite, occupent le devant de la scène poussent sur le côté les poids lourds politiques. Au début, ces résultats gênants ont hâtivement été déclarés des anomalies ou des résultats obtenus par la chance. Mais quand ils sont devenus plus fréquents, des gens ont commencé à dire que la société ne comprenait plus ceux qui étaient au sommet du pouvoir et n'avait pas encore suffisamment mûri pour pouvoir évaluer le travail des autorités pour le bien public. Ou bien ces mêmes personnes sombrent dans l'hystérie et declarent le résultat d'une propagande étrangère, habituellement russe".

La description des processus politiques dans les pays européens, avec les multiples déni de démocratie que l'on a connu 'comme dans le cas du résultat du référendum de 2005 sur le Traité Constitutionnel Européen)  est impeccable. Au-delà, l'analyse des mécanismes de clôture autistique de la part des élites et de leur frange médiatique, de cette nouvelle Trahison de Clercs est particulièrement juste. C'est cette clôture autistique qui, justement,a empêché ces mêmes élites de voir que ce soit le Brexit au Royaume-Uni ou l'élection de Donald Trump, et qui, après pourtant le résultat d'un vote démocratique, conduit une partie de ces mêmes élites à chercher à remettre en cause ces résultats. Nous sommes aujourd'hui en présence d'une nouvelle procession des fulminants comme l'écrivait en 2005 Frédéric Lordon.

On a, à de multiples reprises dénoncé cette clôture autistique depuis 2012 et l'on est donc nullement étonné de voir l'un des grands dirigeants de ce monde arriver au même constat. Mais le plus intéressant est l'analyse que Vladimir Poutine dresse des causes de cette situation. Cette analyse n'est certes pas nouvelle. Mais c'est sans doute la première fois qu'elle est exprimée par un responsable du rang de Vladimir Poutine. Il poursuit donc ainsi ses propos :

" Il semble que les élites ne voient pas l'approfondissement de la stratification sociale et l"érosion de la classe moyenne, tout en implantant des idées idéologiques qui, selon moi, sont destructrices de l'identité culturelle et nationale. Et, dans certains cas, dans certains pays, ils subvertiront les intérêts nationaux et renonceront à la souveraineté en échange de la faveur du suzerain. Cela pose la question qui est la frange de la société? La classe croissante de l'oligarchie supranationale et de la bureaucratie qui n'est en fait souvent pas élue et non contrôlée par la société, ou la majorité des citoyens, qui veulent des choses simples et stables, libre développement de leurs pays, des perspectives de vie pour eux et leurs enfants, la préservation de leur identité culturelle et enfin, la sécurité de base pour eux-mêmes et pour leurs proches" .

Il fait ici le lien entre l'érosion des classes moyennes et l'on peut dire plus généralement de la partie supérieure des classes populaires, qui sont aujourd'hui victimes des l'instabilité de la situation économique et de l'insécurité tant économique que matérielle ou culturelle, et la volonté de la part des élites de monnayer leur position de pouvoir envers un "suzerain" international. Ceci décrit l'opposition entre ce que l'on peut considérer comme les "élites mondialisées" (essentiellement celles de la finance et des médias) et la "souveraineté du peuple"C'est donc l'opposition des prolos contre les bobos, Parlant de la victoire du "non" au référendum de 2005, le "non" a dépassé les 60% dans le nord industriel, dans les régions industrielles de la Loire et du Centre, enfin dans les régions industrielles fragilisées du Midi. A l'inverse les couches sociales liées aux services mondialisés, à la communication et à la finance, elles ont voté "oui". Les résutats de Paris intra-muros sont clairs à cet égard.

On le voit et on le constate, le discours de Vladimir Poutine dresse un tableau important et intéressant du monde tel que le voit le Président de la Russie. Bien sûr, ce texte est important aussi parce que l'on n'y trouve pas, une critique articulée du néo-libéralisme entre autre. Mais ce discours est certainement l'analyse la plus articulée des maux dont souffrent les pays occidentaux et avec eux une large partie du monde. Ce discours n'est pas optimiste, mais Vladimir Poutine visiblement a fait sienne la maxime que Louis XIV proposait au Grand Dauphin : "Se méfier de l'espérance ; l'espoir est mauvais guide". Ce discours est cohérent, et surtout sa cohérence temporelle est importante. Voilà pourquoi on ne saurait qu'inviter tous ceux qui veulent comprendre le monde pour le transformer de le lire et de s'en imprégner.

 

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21 novembre 2016

Poutine, de Munich ('2007) à Valdai (2016)...(2)

Poutine à Valdai  (2016)... à lire et relire

Dans une allocution à l'occasion du Forum Valdai de 2016, Vladimir Poutine a réitéré ses remarques concernant les règles de droit et les pratiques américaines. Mais, il élargit la perspective, et la situe ouvertement dans un cadre stratégique :

" Si les puissances qui aujourd'hui existent trouvent un principe ou une norme à leur avantage, ils forcent tout le monde à s'y conformer. Mêm si demain ces mêmes normes se heurtent à leur manière de faire, ils sont prompts à les jeter dans la poubelle, à les déclarer obsolètes, et à fixer ou à essayer de fixer de nouvelles règles. Ainsi, nous avons vu les décisions de lancer des attaques aériennes dans le centre de l'Europe, contre Belgrade, puis contre l'Irak, puis contre la Libye. Les opérations en Afghanistan ont également commencé sans la décision correspondante du Conseil de sécurité des Nations Unies. Dans leur désir de changer l'équilibre stratégique en leur faveur, ces pays ont brisé le cadre juridique international qui interdisait le déploiement de nouveaux systèmes de défense antimissile"

Il passe ainsi d'un problème général qui est bien identifié (la manipulation des normes) au rappel des situations concrètes. Cela lui permet de dresser une liste des griefs de la Russie envers ses partenaires occidentaux. Si le contenu politique est le même, le ton a incontestablement changé entre 2007 et 2016. En fait Poutine se présente comme un partisan de la mondialisation, mais un partisan réaliste, qui comprend que cette dernière a besoin de règles stables si elle veut se développer. il le dit dans un passage qui est en réalité antérieur à la première citation :

" Mais certains pays qui se sont vus comme les vainqueurs de la guerre froide, non qu'ils se soient simplement vus de cette façon mais en plus qu'ils l'ont ouvertement dit, se sont contentés de transformer l'ordre politique et économique global en fonction de leurs propres intérérêts. Dans leur euphorie, ils ont essentiellement abandonné l'idée d'un dialogue substantiel et à égalité avec les autres acteurs de la vie internationale, ont choisi de ne pas améliorer ou de créer des institutions universelles et ont tenté plutôt d'amener à répandre dans le monde entier, leurs propres organisations, normes et règles. Ils ont choisi la voie de la mondialisation et de la sécurité pour leurs propres intérêts, pour quelques-uns, mais pas pour tous. Mais cette position n'était pas acceptable par tous".

En fait, Poutine sous-entend que, grisé par leurs succès, ou par l'apparence de leurs succès, certains pays ( et ici ce sont essentiellement les États-Unis qu'il vise) ont abandonné le principe d'égalité de traitement qui est essentiel aux principes du droit international. C'est l'idée d'une mondialisation comme projet politique de certains,opposée à une mondialisation se réalisant au profit de tous. Si l'on peut partager le constat, et l'on a écrit que la mondialisation que la mondialisation était bien un projet politique des États-Unis, on peut cependant être plus réservé quant à la conception d'une mondialisation "pour tous"

Autrement dit, si l'on peut partager le bilan que dresse Poutine des évolutions du cadre mondial, on peut aussi douter de la réalité de cette "mondialisation pour tous" qu'il oppose à l'état des choses actuel. En réalité, si des pays autres que les États-Unis ont pu profiter de cette mondialisation ce ne fut pas en respectant les règles établies par les États-Unis. Le fait que les pays d'Asie qui connaissent la plus forte croissance ont systématiquement violé les règles de la globalisation établies et codifiées par la Banque mondiale et le FMI est souligné par Dani Rodik.

En fait, une autre voie se dessinait, mais elle se dessinait en 1944, à la fin de la guerre. Elle fut tuée par le refus des États-Unis de ratifier le traité de La Havane. La conférence de La Havane, qui se tint du 21 novembre 1947 au 24 mars 1948 avait permis la rédaction d'un texte qui établissait des règles communes à tous les pays à partir d'une logique de croissance et de lutte contre le sous-emploi. Ainsi la présence de mesures protectionnistes était-elle admise et même consolidée dans ce texte pour favoriser le développement d'industries naissantes comme matures

La Charte de La Havane fiasait obligation a ses membres de ne pas prendre de positions prédatrices, autorise des mesures de sauvegarde de la part des autres pays et définissait un processus devant conduire à des normes de travail équitables. Les règles commerciales devenaient donc clairement sur déterminées par les objectifs sociaux et économiques internes. L'article 13 reconnaissait aux Etats membres de recourir à des subventions publiques dans les domaines industriel et agricole ainsi qu'à des mesures de protection. Il faut revenir sur cet épsisode, aujourd'hui en partie oublié, pour comprendre qu'il peut y avoir des règles autres que celles faisant de la concurrence les deus ex machina de commerce mondial.

Défendre ces principes implique de défendre la souveraineté des Etats face à la volonté de domination de l'un d'entre eux que face aux grandes entreprises multinationales privées

Vladimir Poutine et la souveraineté

Cette défense de la Souveraineté des Nations, Vladimir Poutine y vient quand il évoque le rôle indépassable des Nations-Unies. Il dit a ce propos :

" Aujourd'hui, ce sont les Nations-Unies qui continuent de demeurer un organisme sans équivalent en matière de représentativité et d'universalité, un lieu unique pour un dilaogue équitable. Ses règles universelles sont nécessaires pour intégrer autant de pays que possible dans le développement économique et humanitaire, garantir leur responsabilité politiique et travailler à coordonner leurs actions tout en préservant leurs modèles de souveraineté et de développement. Il ne fait aucun doute que la souveraineté est la notion centrale de tout le système des relations internationales. Son respect et sa consolidation contribueront à assumer la paix et la stabilité aux niveaux national et international".

La reconnaissance du principe de Souveraineté est effectivement un préalable indispensable à l'établissement d'un ordre international équilibré. Il le redit d'ailleurs un peu plus bas :

"J'espère vraiment que ce sera le cas, que le monde deviendra vraiment plus multipolaire et que les points de vue de tous les acteurs de la communauté internationale seront pris en compte. Peu importe qu'un pays soit grand ou petit, il devrait y avoir des règles communes universellement acceptées qui garantissent la souveraineté et les intérêts des peuples".

Mais ce principe de la Souveraineté rentre alors en contradiction avec la vision dominante de la mondialisation qui semble impliquer des règles qui soient émises par des instances supranationales. Or l'existence de telles règles est en réalité incompatible avec le principe de Souveraineté, qui peut certes être délégué mais qui ne peut jamais être cédé. Dès lors, cela renvoie au bilan assez sombre que Vladimir Poutine dresse de la mondialisation, dont on sent bien qu'il considère qu'elle s'est engagée dans une voie erronée à la fin des années 1980 et au début des années 1990.Il le dit d'ailleurs au début de son allocution :

" Les tensions engendrées par les changements dans la distribution de l'influence économique et politique continuent de croître. La méfiance mutuelle crée un fardeau qui réduit nos possibilités de trouver des réponses efficaces aux véritables menaces et défis auxquels le monde est confronté aujourd'hui. Essentiellement, tout le projet de mondialisation est en crise aujourd'huo et en Europe, comme on le sait bien, on entend des voix pour dire maintenant que le multiculturalisme a échoué. Je pense que cette situation est à bien des égards le résultat de choix erronés. Hâtifs et, dans une certaine mesure, trop confiants des élites de certains pays il y a un quart de siècle. A cette époque, à la fin des années 1980 et au début des années 90, il y avait une chance non seulement d'accélerer le processus de mondialisation, mais aussi de lui donner une qualité différente et de la rendre plus harmonieuse et durable".

Ici encore, on peut certainement partager une large part de ce constat. Mais, ce constat est tiré en dehors de toute analyse du contexte international, et en particulier du contexte idéologique. Pour le dire en d'autres termes, il manque au discours de Poutine une critique de l'idéologie néo-libérale telle qu'elle domine les sphères intellectuelles et économiques du monde occidental dans la période qu'il décrit. Or, Poutine est-il prêt, et peut-il, rompre avec l'idéologie néo-libérale ? Non qu'il soit lui même dogmatique, bien au contraire, et il en a donné maintes preuves. Poutine est d'abord et avant tout un pragmatique. Non pas un homme sans principes, mais un homme qui ne laisse pas une idéologie, c'est-à-dire une représentation de la réalité. Mais, sa fonction l'amène à composer avec les tenants du néo-libéralisme, à chercher à ouvrir l'économie russe aux flux de capitaux,. Il y a une limite incontestable à la réflexion de Poutine qui l'empêche de pousser jusqu'à son terme la critique qu'il fait à très juste titre de la mondialisation et de l'idéologie des élites dominantes dans les pays occidentaux.

 

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Poutine, de Munich (2007) à Valdai (2016)....(1)

Source : Jacques Sapir......  à lire et relire !

La longue intervention que Vladimir Poutine a faite hors de la conférence du Forum Valdai qui se tenait à Krasnaya Polyana à la fin du mois d'octobre dernier, réveille les échos de sa fameuse déclaration à la conférence de Munich en 2007.

A l'époque on avait voulu voir dans ces déclarations on ne sait quels relents de guerre froide. En réalité, la teneur du discours de Poutine était plus centrée que les principes communs que les grandes puissances devaient respecter si elles voulaient pouvoir coopérer entre elle. Or, le président de la Russie a toujours, et de manière très cohérente, défendu la même position. Il en a donné une nouvelle preuve lors du dernier Forum Valdai. (conférence sur la sécurité qui s'est tenue le 10 février 2007 à Munich).

La teneur du discours de Munich en 2007

Le discours qui fut prononcé par le président Vladimir Poutine en février 2007 à Munich a constitué un moment important dans les relations internationales. Il mérite encore d'être cité analysé avec précision. Car Vladimir Poutine est le dirigeant qui a certainement tiré avec le plus de cohérence les leçons de ce qui s'est joué entre 1991 et 2005, autrement dit de l'avortement du "siècle américain" que l'on annonçait à la suite de l'effondrement de l'URSS ( Le nouveau XXIème siècle, Paris, Le Seuil 2009). Il en déduit l'importance de principes permettant d'organiser ces relations sur une base d'égalité entre les nations.

C'est un retour aux bases de la politique "westphalienne" qui domine les relations internationales depuis le XVI ème siècle. Ce retour découle du constat de la différence radicale des valeurs pouvant exister dans chaque pays. Faute d'une base morale et éthique permettant de faire disparaître le politique des relations internationales, ces dernières ne peuvent être gérées que par le principe fondamental du droit international, soit la règle d'unanimité et de respect des souverainetés nationales.

Or c'est ce que constate et déplore le président russe, les États-Unis tendent à transformer leur droit interne en droit international alternatif. On a vu cette démarche à l'oeuvre avec les sanctions prises par les États-Unis contre les institutions financières (et en particulier la Société Générale), coupables simplement d'utliser le Dollar américain dans des opérations contrevenant aux décisions prises par le gouvernement des États-Unis. Il convient de rappeler qu'il s'agissait de l'embargo contre l'Iran et contre Cuba, et que ces institutions financières n'étaient ni américaines, ni n'étaient impliqué dans ces transactions des filiales de droit américain.

Mais aujourd'hui, même en l'absence de conséquence dommageable pour une entreprise américaine, le FCPA a vu son champ s'élargir considérablement à toute entreprise et personne physique dans le monde à partir d'une connexion aussi tenue avec le territoire américain qu'un e-mail ou une communication téléphonique. (Smith C.F. et Briyaby D Parling "Américan Impérialism") Par ces sanctions, les États-Unis ont réussi a étendre leur droit national en droit international.

Il convient donc de lire avec attention ce texte, qui constitue une définition précise de la représentation russe des relations internationales. Deux points importants s'en dégagent, la constatation de l'échec d'un monde unipolaire et la condamnation de la tentative de soumettre le droit international au droit anglo-américain :

" J'estime que le modèle unipolaire n'est pas seulement inadmissible pour le monde contemporain mais qu'il est même tout à fait impossible. Non seulement parce que, dans les conditions d'un leader unique, le monde contemporain (je tiens à souligner..contemporain) manquera de ressource militaro-politiques et économiques. Mais c'est encore plus important, ce modèle est inefficace, car il ne peut en aucun cas reposer sur une base morale et éthique de la civilisation contemporaine".

Ce passage montre que la position russe articule deux éléments distincts mais liés. Le premier est un doute quant aux capacités d'un pays (ici, les États-Unis sont clairement visés) à rassembler les moyens pour exercer de manière efficace son hégémonie. C'est un argument de réalisme. Même le pays le plus puissant et le plus riche ne peut à lui seul assurer la stabilité du monde. Le projet américain dépasse les forces américaines.

Mais il y a un second argument qui n'est pas moins important et qui se situe au niveau des principes du droit. Il n'existe pas de normes qui pourrraient fonder l'unipolarité. Dans son ouvrage de 2002, Evgueni Primakov, ne disait pas autre chose.Cela ne veut pas dire que les différents pays ne puissent définir des intérêts communs, ni même qu'il n'y ait des valeurs communes. Le discours de Poutine n'est pas "relativiste". Il constate simplement que ces valeurs ( la base morale ou éthique) ne peuvent fonder l'inupolarité, car l'exercice du pouvoir, politique ou économique, ne peut être défini en valeur mais doit l'être aussi en intérêts. Le second point suit dans le discours et se trouve exprimé dans le paragraphe suivant :

" Nous sommes témoins d'un mépris de plus en plus grand des principes fondamentaux du droit international. Bien plus certaines normes et, en fait, presque tout le système du droit d'un seul État, avant tout, bien entendu, des États-Unis, a détourné de ses frontières nationales dans tous les domaines, dans l'économie, la politique et dans la sphère humanitaire, et est imposé à d'autres États".

Faute d'un base morale et éthique permettant de faire disparaître la politique des relations internationales, c'est-à-dire l'opposition ami/ennemi, ces dernières ne peuvent être gérées que par le principe fondamental du droit international, soit la règle d'unanimité et de respect des souverainetés nationales.

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Angela Markel, pilier d"un complot européen anti-Trump

Source : Sputnik

Certaines forces aux États-Unis confèrent un rôle spécial à l'Allemagne et surtout à sa chancelière Angéla Merkel dans la lutte contre le nouveau président américain Donald Trump, d'après l'ex-secrétaire d' Etat allemand à la défense Willy Wimmer.

Pour certains hommes politiques américains, la chancelière allemande est le "dernier pilier de la résistance au nouveau président américain en Europe, a déclar& vendredi à Sputnik Willy Wimmer, ex-vice-président de l' OSCE et ancien secrétaire d'État allemand à la défense.

"Je suis prêt à souscrire aux propos émis par un professeur américain dans une interview au journal Süddeutsche Zeitung. Ce professeur Davis a fai partie de l'équipe des conseillers d'Hillary Clinton pendant sa campagne électorale. Il a clairement indiqué que beaucoup dépend actuellement de l'ingérence allemande dans les affaires intérieures des États-Unis. Selon lui, Mme Merkel joue le rôle du "dernier pilier de la résistance au nouveau président américain" a indiqué M.Wimmer.

Selon M.Wimmer, il existe un "complot" anti-Trump aux Etats-Unis et en Europe et l'Allemagne s'y croit réserver une place de choix. Ce n'est pas un hasard que le président sortant Obama, en tournée en Europe, a préféré se rendre à Berlin pour rencontrer Angeal Merkel au lieu d'aller à Bruxelles, capitale de l'UE.

"Nous voyons que l'Amérique est gouvernée par des forces qui s'accrochent au pouvoir malgré l'élection d'un nouveau président et poursuivent leur politique présentant un danger pour le monde entier (..). Une sorte d"establishment militaire" des démocrates et des républicains s'est formé à Washington. Ils font tout pour passer des menottes virtuelles aux mains du président et lui faire comprendre qu'il ne pourra pas changer la politique belliqueuse des dernières années qui a pris forme sous la présidence Obama" a déclaré l'expert.

Selon M.Wimmer, le milliardaire George Soros et ses amis ne cachent pas qu'ils débloqueront des fonds considérables pour lutter contre le président élu des Etats-Unis.

"Cela rappelle une politique collective qu'on n'a pas vue depuis 1945. Il est clair que l'Allemagne y participe très activement, puisque le New York Times en a déjà parlé : "Mme Merkel est l"élément central de la résistance à M.Trump" (..). Si on analyse les déclarations faites la semaine dernière par Mme Merkel à propos de la présidentielle américaine, on comprend qu'elle est prête à jouer ce rôle" a noté ll'expert.

La preuve, les autorités et les partis allemands ne se pressent pas pour nouer des contacts avec l'équipe du nouveau président américain qui demeure pour eux un inconnu.

Pourquoi les partis allemands ont jusqu'ici dialogué avec tous les candidats à la présidentielle américaine et "cela a été un instrument politique normal pour l"Union chrétienne démocrate (CDU), le Parti social démocrate (SPD) et le gouvernement fédéral" a rappelé M.Wimmer.

Même les médias allemands sont déjà "antiaméricains" parce qu'ils ne reconnaissent pas le droit du peuple américain d'élire le président qu'il veut, poursuit-il.

On ne fait pas de la politique cmme çà ! Cela montre que nous, les pays européens, avons régressé depuis la réunification de l' Allemagne, a conclu M.Wimmer.

 

 

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17 novembre 2016

L'alternance du Pouvoir impérial

Source : iIl manifesto (Italie)

Manlio Dinucci ne pense pas que le président élu Donald Trump ait la volonté et le pouvoir de changer la politique extérieure des États-Unis

La défaite de Mme Clinton est avant tout la défaite d'Obama qui descendu sur le terrain à ses côtés, voit recalée sa propre présidence. Conquise lors de sa campagne électorale de 2008, avec la promesse qu'il aurait soutenu non seulement Wall Street mais aussi 'Main street" c'est-à-dire le citoyen moyen. Depuis lors le citoyen moyen a vu empire sa condition, le taux de pauvreté a augmenté, alors que les riches sont devenus de plus en plus riches. La concentration du capital dans des mains de moins en moins nombreuses s'est accrue de sorte que 5% des citoyens détiennent 80% de la richesse du pays!

Maintenant, en se présentant comme paladin de la classe moyenne, c'est Donald Trump, l'outsider milliardaire, qui conquiert la présidence. Quest-ce qui change dans la politique étrangère des États-Unis avec le changement de garde à la Maison Blanche ? Certainement pas le fondamental objectif stratégique de demeurer la puissance mondiale dominante. Position qui vacille de plus en plus. Les USA sont en train de perdre du terrain sur le plan économique et même politique par rapport à la Chine à la Russie et à d'autres "pays émergents". Pour cela ils jettent leur épée dans la balance. D'où la série de guerre dans lesquelles Hillary Clinton a joué un rôle de protagoniste.

Ce fut elle qui persuada son mari président de démolir la Yougoslavie par la guerre en initiant la série des 'interventions humanitaires" contre des dictateurs accusés de "génocide".

Comme il résulte de ses e-mails, ce fut elle qui en costume de secrétaire d'Etat persuada Obama de démolir la Libye par la guerre et commencer la même opération contre la Syrie. Elle qui promut la destabilisation intérieure du Venezuela et du Brésil et le "Pivot to Asio" etasunien on fonction anti-chinoise. Et c'est elle toujours, par l'intermédaire aussi de la Fondation Clinton, qui prépara en Ukraine le terrain pour le putsch de la place Maïdan qui a donné le départ de l'escalade USA/OTAN contre la Russie.

Il revient à l'administration Trump de corriger le tir en visant le même objectif. Irréaliste est l'hypothèse qu'il entende abandonner le système d'alliance centré sur l'OTAN sous commandement états-unien : toutefois il tappera certainement sur la table pour obtenir des alliés un plus grand engagement surtout en termes de dépense militaire. Trump pourrait rechercher un accord avec la Russie, y compris avec l'intention de la séparer de la Chine vers laquelle il annonce des mesures économiques, accompagnées d'un renforcement ultérieur de la présence militaire états-unienne dans la région Asie-Pacifique.

De telles décisions, qui amèneront certainement d'autres guerres, ne dépendent pas du tempérament belliqueux de Trump, mais des centres de pouvoir où se trouve la cadre de commandement dont dépend la Maison Blanche.

Ce sont les colossaux groupes financiers qui dominent l'économie (la seule valeur actionnaires des sociétés cotées à Wall Street dépasse celle de tout le revenu national des États-Unis).

Ce sont les multinationales dont les dimensions économiques dépassent celles d'Etats entiers, qui délocalisent les productions dans les pays qui offrent une force de travail à bas coût, en provoquant en interne fermeture d'usines et chômage (d'où la dégradation des conditions de la classe moyenne états-unienne).

C'est le capitalisme du 21ème siècle dont les USA sont l'expression maximale, qui crée une polarisation croissante entre richesse et pauvreté. 1% de la population mondiale possède plus que les 99% restant..!

C'est à la classe des super-riches qu'appartient le nouveau président Trump, auquel le premier ministre Renzi, en costume d'Arlequin serviteur des deux maîtres, a déjà juré fidèlité après l'avoir juré au president Obama...!

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