Source : Le Saker allemand

Il y a dix sept ans qu'a débuté le longue série des guerres de l'OTAN visant à obtenir des changements de régime: le 24 mars 1999, l'OTAN a commencé à bombarder Belgrade. Peu importe comment on juge le conflit d'alors - la violation du droit international intervenue à l'époque perdure encore aujourd'hui, et il ne reste presque personne pour ignorer encore le résultat - le mélange de bases américaines, de bordel et de centrale mafieuse connu sous le nom de Kosovo - qui est la conséquence de cette action. A l'époque, l'OTAN s'est posée à la fois en juge et bourreau, et les États ayant participé au crime ont depuis lors, dans des compositions diverses, laissé une large traînée de sang autour du globe.

Depuis ces événements, ce qui était une fois la gauche allemande est profondément divisé. Le fait qu'aujourd'hui beaucoup de gens ne savent plus à quoi correspond, concrètement, les notions de gauche et de droite est la conséquence de cette trahison. C'est probablement aussi cette attaque qui a incité les éléments encore fonctionnels de l'appareil de sécurité russe à se soucier de remplacer Elstine, la marionnette ivre, par Vladimir Poutine. Car à cette date on pouvait déjà deviner qu'à l'avenir, un destin semblable serait préparé pour chaque pays osant opposer ses propres intérêts aux diktats du Quartier général de l'OTAN.

Le 26 mars 199, un grand concert de solidarité du compositeur Mikis Theodorakis a eu lieu à Athènes, sur la place Syntagma. Auparavant, il a publié dans le quotidien grec To Vima un texte qu'on ne peut rétrospectivement que qualifier de prophétique (et qui valut à la Grèce...!). Si on se demande pourquoi la Grèce a dû être si minutieusement détruite par la politique d'austérité de la Troïka, alors il se peut que la résistance grecque de l'époque contre la politique de l'OTAN en soit une des raisons ! 

Voici le texte de Mikis Theodorakis :

L'OTAN, LA NOUVELLE SAINTE ALLIANCE

Les événements en Yougoslavie nous ont surpris...Moins les bombardements en soi - nous y étions habitués avec la guerre du Golfe - mais beaucoup plus l'irruption d'une NOUVELLE ÈRE sur la scène internationale. Une ère qui jette aux poubelles de l' Histoire l'époque qui a suivi la Seconde Guerre Mondiale, celle qui a établi les règles internationales dans le cadre desquelles nous avons vécu pendant la dernière moitié de ce siècle, et cela à des conditions qui avaient été acceptées par tous.

Les années qui ont suivi la chute du nazisme et la fondation de l'ONU n'ont assurément pas été idylliques : la plupart d'entre elles ont été marquées par les rivalités de la Guerre froide, la menace atomique et d'innombrables conflits de toutes sortes qui ont coûté beaucoup de victimes à l'humanité.

Le grand vaincu de cette période est le communisme, tant dans sa forme étatique que comme idéologie et domination d'un parti. Les efforts de deux siècles de recherche et d'application de l'idéal socialiste, dans le but de construire une société plus juste et plus humaine, se sont écroulés en une seule nuit et ont installé le capitalisme en vainqueur au centre de la forteresse du communisme, à Moscou, et de là, dans tous les pays du socialisme réel, à quelques exceptions près.

La proclamation des États-Unis comme unique superpuissance en a été la conséquence naturelle. Pour eux, il n'y a plus d'adversaire à craindre, tandis que, parallèlement à cela, leur pénétration et leur domination économique ne se heurtent plus à aucun obstacle sérieux.

l'Europe qui émerge de l'union monétaire ne peut pas être considérée comme un adversaire sérieux de la domination mondiale des Etats-Unis, puisque les fonds américains ont veillé à pénétrer profondément l'économie européenne et à jouer un rôle essentiel et déterminant dans les décisions économique de l'Europe.

Les intérêts économiques, les marchés, les réserves pétrolières et la garantie d'un fonctionnement normal par les sociétés supranationales, ainsi que tout ce qui a à voir avec le contrôle intégral des États-Unis sur toutes les zones périphériques du globe : rien de plus normal, que tout ce la ne soit assuré par une puissance économique sans concurrence, mais aussi par une concentration des moyens de destruction sans précédent dans l'Histoire de l'humanité.

Que veulent les États-Unis sinon imposer leur volonté et leurs intérêts presque sans contrôle à toute la terre ?

Nous devons étudier cela, étudier ce qui, à notre avis, fonde le début d'une NOUVELLE ÈRE dans l'histoire de l'humanité et s'exprime dans la guerre d'extermination menée contre la Yougoslavie, pour faire nos comptes de ce qui se passe chez nos voisins et quelles en seront les conséquences pour notre vie nationale.

Si nous analysons les événements d'après les critères habituels du droit international à notre époque, tels qu'ils sont exprimés par l'existence de l'ONU, alors je crains que nous ne fassions erreur. Ce qui apparaît automatiquement, en fait, ce sont les facteurs économiques de l'industrie de l'armement, dont on sait qu'ils constituent l'élément essentiel du développement, tant aux États-Unis que dans les grands pays européens, et qu'ils font des affaires en or sur ce nouveau théâtre militaire : chacun peut donc prétendre que ces intérêts se cachent tout simplement derrière les bombardements.

Il est connu que ces intérêts ont mené jusqu'à aujourd'hui à une grande quantité de conflits locaux, qui ont culminé, entre autres, dans la Guerre du Golfe il y a dix ans, sans qu'on n'ait tenu compte de Conseil de sécurité de l'ONU. En tout cas, les États-Unis se sont efforcés de préserver les apparences.

Suite...