Source : iIl manifesto (Italie)

Manlio Dinucci ne pense pas que le président élu Donald Trump ait la volonté et le pouvoir de changer la politique extérieure des États-Unis

La défaite de Mme Clinton est avant tout la défaite d'Obama qui descendu sur le terrain à ses côtés, voit recalée sa propre présidence. Conquise lors de sa campagne électorale de 2008, avec la promesse qu'il aurait soutenu non seulement Wall Street mais aussi 'Main street" c'est-à-dire le citoyen moyen. Depuis lors le citoyen moyen a vu empire sa condition, le taux de pauvreté a augmenté, alors que les riches sont devenus de plus en plus riches. La concentration du capital dans des mains de moins en moins nombreuses s'est accrue de sorte que 5% des citoyens détiennent 80% de la richesse du pays!

Maintenant, en se présentant comme paladin de la classe moyenne, c'est Donald Trump, l'outsider milliardaire, qui conquiert la présidence. Quest-ce qui change dans la politique étrangère des États-Unis avec le changement de garde à la Maison Blanche ? Certainement pas le fondamental objectif stratégique de demeurer la puissance mondiale dominante. Position qui vacille de plus en plus. Les USA sont en train de perdre du terrain sur le plan économique et même politique par rapport à la Chine à la Russie et à d'autres "pays émergents". Pour cela ils jettent leur épée dans la balance. D'où la série de guerre dans lesquelles Hillary Clinton a joué un rôle de protagoniste.

Ce fut elle qui persuada son mari président de démolir la Yougoslavie par la guerre en initiant la série des 'interventions humanitaires" contre des dictateurs accusés de "génocide".

Comme il résulte de ses e-mails, ce fut elle qui en costume de secrétaire d'Etat persuada Obama de démolir la Libye par la guerre et commencer la même opération contre la Syrie. Elle qui promut la destabilisation intérieure du Venezuela et du Brésil et le "Pivot to Asio" etasunien on fonction anti-chinoise. Et c'est elle toujours, par l'intermédaire aussi de la Fondation Clinton, qui prépara en Ukraine le terrain pour le putsch de la place Maïdan qui a donné le départ de l'escalade USA/OTAN contre la Russie.

Il revient à l'administration Trump de corriger le tir en visant le même objectif. Irréaliste est l'hypothèse qu'il entende abandonner le système d'alliance centré sur l'OTAN sous commandement états-unien : toutefois il tappera certainement sur la table pour obtenir des alliés un plus grand engagement surtout en termes de dépense militaire. Trump pourrait rechercher un accord avec la Russie, y compris avec l'intention de la séparer de la Chine vers laquelle il annonce des mesures économiques, accompagnées d'un renforcement ultérieur de la présence militaire états-unienne dans la région Asie-Pacifique.

De telles décisions, qui amèneront certainement d'autres guerres, ne dépendent pas du tempérament belliqueux de Trump, mais des centres de pouvoir où se trouve la cadre de commandement dont dépend la Maison Blanche.

Ce sont les colossaux groupes financiers qui dominent l'économie (la seule valeur actionnaires des sociétés cotées à Wall Street dépasse celle de tout le revenu national des États-Unis).

Ce sont les multinationales dont les dimensions économiques dépassent celles d'Etats entiers, qui délocalisent les productions dans les pays qui offrent une force de travail à bas coût, en provoquant en interne fermeture d'usines et chômage (d'où la dégradation des conditions de la classe moyenne états-unienne).

C'est le capitalisme du 21ème siècle dont les USA sont l'expression maximale, qui crée une polarisation croissante entre richesse et pauvreté. 1% de la population mondiale possède plus que les 99% restant..!

C'est à la classe des super-riches qu'appartient le nouveau président Trump, auquel le premier ministre Renzi, en costume d'Arlequin serviteur des deux maîtres, a déjà juré fidèlité après l'avoir juré au president Obama...!