source : LEAP 2020

Quand la finance mondiale se détourne du système dollar...le précipice est porche !

Le grand isolement volontaire des États-Unis à l'oeuvre vid-à-vis du reste du monde était jusqu'à présent surtout géopolitique, un isolement  qui ne peut qu'empirer quel que soit le résultat de l'élection présidentielle  (pour Trump, ce sera par l'absence de politique étrangère; pour Clinton, par la violence de celle-ci ). A cette dimension politique s'ajoute maintenant un domaine jusqu'à-là épargné, un domaine qui était d'ailleurs au coeur de la puissance des États-Unis dans le monde d'avant - pas étonnant donc qu'arrive l'instant où lui non plus ne peut plus tenir - à savoir la finance.

L'affaire Deutsche Bank : un épouvantail bien utile

Lorsqu'ils sont en difficulté, les États-Unis utilisent sans cesse la même méthode de camouflage de leurs problèmes grâce au déballage au grand jour des problèmes des autres, l' Europe se trouvant être régulièrement la dindon de la farce. Quand donc le monde ébahi apprend l'mande record de 14 milliards de dollars que les États-Unis infligent à la Deutsche Bank on regarde certes avec horreur les exactions commises par cette banque, mais on doit également regarder les intérêts que sert cette sanction.

De nombreux commentateurs y ont vu une petite vengeance après l'amande d'Apple en Europe, une explication min négligeable, mais il y a plus important. En mettant en difficulté la plus grande banque européenne, les États-Unis ont réussi à centrer le débat sur les problèmes des banques européennes en général. Malgré l'étonnante stabilité financière en Europe après toutes ces années de tourmente (en partie grâce aux injections de la BCE, il ne faut pas l'oublier, même si celle-ci servent probablement plus la finance mondiale que les intérêts européens), on en peut pas prétendre que le secteur bancaire européen n'a aucun problème, loin de là;

Mais on peut prétendre qu'il est un épouvantail bien pratique pour détourner le regard des difficultés US. Car les titres des articles au sujet de la Deutsche Bank sont alarmistes: faillite imminente, bail-out nécessaire,contagion aux autres banques européennes, voire prochaine crise en vue, etc.

Or, sans parler de la croissances économique des États-Unis qui n'en peut plus de faiblir comme on le voit sur les graphiques, l'incapacité de la FED de relever ses taux d'intérêt est révélatrice de la faiblesse de l'économie du pays. Le marché du travail est toujours à la peine, malgré l'annonce d'un chômage autour de 5ù seulement, qui ne reflète rien de la réalité quand on regarde le taux d'emploi au plus bas depuis les années 1970 ( en résumé, la baisse du taux de chômage n'est que le fruit de la baisse du taux d'emploi).

Autre illustration : malgré un dollar toujours plus haut, Bayer se permet de racheter Monsanto, et Danone White Wave etc... comme si la vieille Europe se payait les États-Unis ( à l'inverse de ce que l'on a vu l'année dernière) . On pourrait accumuler les exemples, mais on l'a compris : l'économie réelle ne va toujours pas mieux aux États-Unis ( comment le pourrait-elle ? en caricaturant à peine, seule la finance a été aidée et rien n'a changé depuis 2008...) Au millieu de l'optimise béat ambiant,pour les États-Unis, on lit tout de même çà et là que les banques américaines ne sont pas en meilleure forme qu'avant 2008 malgré les "réformes" et obligations légales.

Et pourtant, le monde ne parle plus que de la Deutsche Bank et de la faiblesse des autres banques européennes. Rien ou presque sur le risque de contagion aux banques US, bien réel puisque la Deutsche Bank est considérée comme l'une des banques présentant le plus important risque systèmique. Il faut donc croire qu'il y a  quelque chose de gros à cacher...!

Bien sûr les doutes (justifiés) sur la solidité des banques européennes n'ont jamais vraiment disparu. Mais le déclencheur de la tourmente actuelle est bel et bien cette amende que la Deutshc Bank ne semble pas en mesure de payer. (La banque est déjà sous-capitalisée et a mis "seulement" 6 milliards de dollars de coté pour payer ce genre de désagrément) . Étonnant d'infliger une amende si élevée qu'elle en devient impossible à payer sans faire sauter tout le système, non ?

L'affaire de la Deutsche Bank est bien évidemment un coup de bluff. Il s'agit d'une banque systémique dont l'effondrement nuirait à tout le monde, y compris et surtout aux banques américaines. Puisque le but n'est sûrement pas de faire tomber la DB, il faut chercher les raisons de l'attaque dans ls dénouement d'attetion médiatique et éventuellement aussi dans une tentative de pression sur Merkel. Voici pourquoi il est souhaitable de faire exactement le contraire de ce à quoi nous invitent les médias en regardant du côté d'où vient l'attaque..!