On ne cesse de s'étonner devant le comportement des marchés boursiers et surtout face au comportement des investisseurs. La semaine dernière les places boursières mondiales se sont levées comme un seul hommes et ont dit " merci Madame Yellen, merci Monsieur Kuroda".

Plus rien d'autre n'avait d'importance, plus personne sur les plateaux de CNBC pour nous expliquer pourquoi il fallait tout vendre, se mettre "risk off"' et attendre le krach final, la correction de 30% ou de 20% selon les différents extrémistes. Plus rien n'importait, c'est comme si soudainement on était libéré et que la peur de la correction, la peur du krach s'était envolée comme par magie, comme si nous avions soudainement reçu des super-pouvoirs et plus rien ne pouvait empêcher d'investir, plus rien ne nous faisait peur.

Pourtant, je suis convaincu qu'il ne faudra pas longtemps pour que l'on se dise que "quand même, on est monté trop haut, trop vite, que c'est trop cher et puis que la neige est trop molle"...(État-Unis en récession)

Mais en attendant, depuis que Yellen a tourné les talons est retournée dans son bureau, les investisseurs se sentent - en tout cas, se sentaient - comme investis d'une mission divine, comme si on leur avait offert un blanc-seing pour acheter sans risque jusqu'au meeting de la FED agendé pour le mois de décembre.

Oh, on aura tôt fait de tourner la veste, puisque nous approchons des plus hauts historiques sur le S&P,et que c'est vendredi que personne n'aura vraiment le courage, ni l'envie de rester 'long" sur le week-end. Même si on a l'impression que plus rien en peut arriver au marché, il ne faut pas oublier que l'investisseur moyen, débutant et ou professionnel a un point commun : une mémoire de poisson rouge.

Nous avons vécu deux belles journées après la FED, mais la semaine suivant paraissent des chiffres économiques qui vont rappeler que Yellen n'est pas partie en vacances durant deux mois à l'ïle Maurice, mais qu'elle est toujours tapie dans l'ombre de son bureau et qu'elle a toujours le pouvoir d'en bondir tel un coucou suisse en disant " coucou c'est moi et je monte les taux !!! "...il y a forcément un gars, un gourou, un stratège quelque part qui va soudainement se souvenir que la FED PEUT monter les taux en tout temps et que rien ne l'oblige à attendre bêtement le FOMC Meeting...Et du moment que l'on se souviendra que les déclarations de Yellen de mercredi ,ne sont pas une protection contre toutes les baisses et contre toutes les hausses de taux, nous reviendrons rapidement sans la situation de mercredi. Situation dans laquelle nous passions nos journées à se demander 'mais qu'est-ce qui se passerait si..."

Actuellement nous sommes dans une bulle de joie de de bonheur où tout se passe bien, mais ce marché a toujours la trouille, ce marché est toujours frustré de n'avoir pas su ou pu profiter de la hausse de ces derniers mois, alors on préfère s'auto-flageller en prédisant le prochain krach, histoire de ne plus se faire prendre dedans plutôt que de profiter de l'instant présent...

Tout çà pour dire que les marchés européens continuent leur escalade, le DAX prenait encore 2,3%, tout comme l'indice CAC, le S&P frôle ses propres records historiques et le Nasdaq vient d'enquiller son second plus haut historique à la suite. Tout semble aller pour le mieux. Même l'or monte, il est à 1335$ actuellement.

On retiendra d'autre part que la BCE a publié son bulletin mensuel. Il n'y a rien à en retenir, le ton était dans l'évidence, rien de nouveau, ils nous ont dit que l'économie européenne allait continuer à croître de manière modérée - le mot modéré était dit avec tellement de stress dans la voix que l'on avait plutôt l'impression que çà voulait dire : très très modéré,...ils ont dit aussi que le BREXIT pourrait être un problème - sans blague ??? Dans la foulée, Draghi nous a fait son speech et en a profité pour faire la leçon et mettre en garde le secteur bancaire, leur expliquant que le business était pas mal occupé, qu'il y avait du monde et plus beaucoup de place...Bref, encore un discours qui n'a servi à pas grand chose, si ce n'est mettre quelques patrons de banques sous anitdépresseurs, pour autant qu'ils n'y étaient pas déjà !!!