Source: Le Saker Francophone

Ce qui a débuté par un "pari" de David Cameron pour divertir le mécontentement britannique (à domicile), et pouvoir ensuite disposer d'un levier permettant de négocier quelques faveurs à Bruxelles, s'est transformé en un étonnant tremblement de terre politique.

(David Cameron s'est embroché lui-même sur son épée..!).

Le Brexit a prouvé qu'il s'agit d'immigration, et donc d'économie, bien que l'establishment néolibéral britannique n'y ait jamais prêté attention.

Et, il y a gros à parier que le système de l'UE, à Bruxelles n'apprendra rien de la thérapie de choc, et ne se réformera pas ! (que néni..!).

Il y aura des justifications rationnelles prétendant qu'après tout, le Royaume-Uni a toujours été un pleunichard importun, exigeant des privilèges spéciaux lorsqu'il traite avec l'UE. C'est la relation transatlantique spéciale entre les États-Unis et l'Union européenne qui risque de se terminer (le cheval de Troie américain étant la Grande-Bretagne..)..( voilà pourquoi John Kerry est venu de suite à Bruxelles cette semaine) .(De quoi se mêlent-ils ces ricains ?).

L'Ecosse, de façon prévisible, a voté On reste et peut sans doute tenir un nouveau référendum (et quitter le Royaume-Uni) plutôt que d'être entraîner hors de l'Europe par le vote de la classe ouvrière blanche anglaise. Le Danemark, la Pologne la Hongrie veulent un statut spécial à l'intérieur de l'UE, ou sinon... Partout en Europe, la ruée de l'extrême-droite est en marche. Marine Le Pen veut un référendum français.

Pour compliquer les choses, ce n'est pas une Europe des peuples, Bruxelles déteste absolument l'opinion publique européenne, et le système oppose une résistance de fer à la réforme. Ce projet actuel de l'UE, qui vise en fin de compte à une fédération, sur le modèle des États-Unis, ne convainc pas plus la grande partie du Royaume-Uni. C'est une des principales raisons derrière le Brexit.

Maintenant ce qui est fait est fait. Mais, il ne faut pas oublier le puissant marché unique.

Non seulement le Royaume-Uni va perdre l'accès en franchise de droits, au marché unique de l'UE, (500 millions de consommateurs), mais il devra renégocier tous les accords commerciaux avec le reste du monde, puisque ceux-ci ont été négociés par l'UE. Le ministre de l'Economie française a déjà prévenu que "si le Royaume-Uni veut un traité d'accès commercial au marché européen, les britanniques doivent contribuer au budget européen comme les Norvégiens et les Suisses. Si Londres ne veut pas, alors ce doit être une sortie totale".

La Grand-Bretagne sera exclue du marché unique, qui absorbe plus de 50% de ses exportations, à moins qu'elle ne paie pratiquement tout ce qu'elle paie déjà actuellement. Londres devra aussi accepter la liberté de mouvement, comme dans l'immigration europénne.

Le Brexit a vaincu la cohorte des élites mondialistes : la City de Londres, Wall Street, le FMI, la FED,la BCE, les principaux fonds spéculatifs d'investissements, l'ensemble du système mondial interconnecté. La City de Londres, de façon prévisible a voté On reste à plus de 75%..le montant impressionnant de 2,7£ mille milliards est négocié chaque jour dans les 2 kilomètres carré qui emploient près de 400 000 personnes. Cette capitale financière incontestée de l'Europe, gère également la somme exorbitante de 1,65£ mille milliards d'actifs de clients, répartis partout sur la planète.

(dans son livre "Treasure Islands", Nocholas Sahxson explique : "Les sociétés de services financiers se sont agglutinés à Londres, car elles peuvent faire là ce qui leur est interdit chez elles").

Les choses vont changer de façon drastique. Il n'y aura plus de sauf conduit, grâce auquel les banques peuvent vendre leurs produits aux 28 membres de l'UE, accédant ainsi à une économie intégrée de 18$ mille milliards par an. Le sauf conduit du libre échange donnera lieu à une négociation féroce à la City...!

Ainsi la Grande-Bretagne deviendra-t-elle peut-être une nouvelle Norvège. C'est possible. La Norvège s'en est bien tiré, après avoir rejeté l'adhésion à l'UE dans un référendum en 1995. Ce sera une route longue et sinueuse, avant que l'article 50 (qui gère le processus de scission de l' UE) ne soit invoqué et une négociation de deux ans UK-UE commence en territoire inconnu.

Personne n'a la moindre idée de ce à quoi ressemble une sortie de l'UE..!