source : LEAP2020

Alerte dollar, crise financière,pétrole,banques...Grand repli stratégique mondial devant "l'atterrissage brutal" imminent.

L'année 2016 risque d'être placée sous le signe du "grand repli stratégique" , un repli qui va affecter tous les niveaux d'organisation sociale, en commençant bien sûr par les niveaux nationaux, mais pas uniquement.

Ce repli ne signifiera pas encore en 2016 la fin de la mobilité mondiale, des échanges internationaux ou d'internet, et le monde restera encore cette année un village global, mais les murs vont monter, les régulations s'imposer, les flux se contrôler, les armées se renforcer, les marchés se fragmenter...tout ceci sur une base non plus internationale, puisque l'échec en matière de réforme de gouvernance mondiale est patent, mais sur la base des seules entités politiques disponibles sur le marché : États-nations, groupes religieux et ethniques, certaines organisations supra-nationales, niveau local.

Fin de la grande orgie globale: tout le monde rentre chez soi...avec une bonne gueule de bois !

Et les portes béantes vont peu à peu se refermer sur une nouvelle configuration globale en cours de stabilisation.2015 a connu de très grands changements dans les alliances stratégiques. Le camp occidental s'est fragmenté, certains morceaux se sont même séparés. Mais la confiance n'est pas encore au rendez-vous avec les nouveaux alliés.

Le meilleur exemple de cela nous est fourni par ce très grand changement d'équilibre des alliances au Moyen-Orient. Pour le "camp occidental", et Israël en particulier, l'ennemi n'est plus l'Iran mais l'Arabie Saoudite. Mais la prise de conscience de cette réalité a pris trop de temps : l'Arabie Saoudite et le wahhabisme militant sont lâchés alors que la confiance n'est toujours pas stabilisées vis-à-vis de l'Iran. Dans ces circonstances, la meilleure solution est le repli.!

L'Europe est dans une situation analogue. Ses déboires avec la Russie l'ont coupée de son flanc oriental et même si des efforts sont faits actuellement pour renouer avec le grand voisin, les dégâts en matière de confiance sont faits...pour preuve : la zone de libre-échange entre l'UE et l'Ukraine est entrée en vigueur le 1er janvier 2016.et à partir du 2 janvier 2016 la zone de libre échange entre l'Ukraine et la Russie est suspendue par décret du 30/12/2015.Ces mesures sont prises en réaction aux mesures décidées en décembre par le président russe Vladimir Poutine. La Russie a suspendu sa zone de libre-échange avec l'Ukraine à compter du 1er janvier 2016 et soumet désormais les produits ukrainiens à des droits de douane. Ces mesures sont dictées par crainte de Moscou que "les produits européens non taxés inondent la marché russe"..! çà se comprend fort bien !

Sur son flanc sud-sud-est, le partenaire potentiel qu'aurit pu être la Turquie est désormais lancé sur des pistes de divergence radicale avec l'Europe. Quant à l'allié par excellence, les États-Unis, il n'y a plus grand monde en Europe pour faire un bilan positif de la relation transatlantique ces dernières années. Les gigantesques flux migratoires dont l'Europe est devenue la cible en conséquence des erreurs stratégiques majeures dans lesquelles l'Allié nous a entraînés, sont la goutte d'eau qui fait déborder le vase et l'UE est désormais lancée dans un vaste plan de renforcement interne. Repli !

Ce repli stratégique, qui s'accompagne d'une explosion des dépenses militaires de bien mauvais augure, aurait pu être évité si les grands acteurs occidentaux avaient joué le seul rôle intelligent qui leur était imparti : "facilitateur de transition". Le G20 a constitué de ce point de vue une bonne tentative, initiative européenne rappelons-le. Mais les efforts furent trop petits surtout contrecarrés par un "establisment américain" incapable de comprendre les évolutions mondiales et d'y contribuer positivement.

Les conditions ne sont plus réunies pour que le monde multipolaire (le monde d'après) ..par opposition au monde unipolaire voulu par les US (le monde d'avant) se réunisse à une même table pour affronter ensemble les grands enjeux collectifs mondiaux. La confiance a disparu.

Les BRICS également seront concentrés sur eux-mêmes cette année. Le Brésil n'est là pour personne  d'autre que pour ses problèmes de luttes politiques intestines, d'économiee défaillante, de monnaie déclinante, et d'hypersensibilité sociale. Autant dire que sa contribution aux efforts transnationaux de type BRICS MERCOSUR, OAS etc, ne seront pas significatifs cette année. Repli.

La Chine l'a dit et répété : sa priorité n'est plus sa balance commmerciale, mais le développement de son marché intérieur, de ses infrastructures, de son système social etc. Ses points de croissance ne sont donc plus destinés à nourrir la croissance mondiale. Elle s'occupe de ses frontières et de la protection de son territoire en investissant dans la modernisation de son système de défense nationale. Et ce n'est pas ce qui est arrrivé à la Russie en 2014 qui va la dissuader d'avancer dans cette direction.

l'Europe est probablement la seule région au monde qui va se replier sur autre chose que sur son seul niveau national. La réactivation des outils de la souveraineté nationale est en train de se faire de concert entre niveau national et niveau européen. Le transfert des outils de la souveraineté (gestion des frontières, armées, renseignement...) vers le niveau européen, en accord avec et sur la base des États membres, est bel et bien en cours et restera la tendance 2016. Renforcement concomitant des niveaux nationaux et européens.