Les problèmes de la dette et d'une économie productive à bâtir .

Karel Vereycken, journaliste, évoque le plan d'annulation de la dette accordée à l' Allemagne en 1953, lui permettant de connaître son fameux miracle économique, programme que la Grèce propose d'appliquer à toute l'Europe. Dean Andromidas, un confrère de l' exécutive Intelligence Review décrit l'appauvrissement terrifiant du pays sous les coups de la Troïka (FMI,  BCE et Commission européenne), mais aussi sa volonté de ne pas céder à des mesures d'autérités supplémentaires.

Stélios Kouloglou, euro-député grec et membre de Syriza, a ému le public en montrant comment la Troïka utilise la question de la dette pour organiser un putsch contre le gouvernement d'Alexis Tsipras.

Il compare la situation de son pays à celle du Chili sous Allende. "Faites huler l'économie" ! avait ordonné le président Nixon à la CIA, avant que Pinochet ne mette ses tanks en mouvement. Et les banques coupèrent aussitôt tous les crédits au Chili. En Grèce, ce sera un putsch des banques, pas des tanks. Dès que Syriza est arrivé au pouvoir, M.Draghi, président de la BCE a coupé la principale source de financement des banques grecques pour la remplacer par l'Emergency Liquidity Assistance (ELA) un dispositif plus coûteux devant être renouvelé chaque semaine. C'est une épée de Damoclès au-dessus de la tête des dirigeants grecs.

M.Kouloglou s'en est pris aussi aux faux amis : le gouvernement grec, "abandonné par les forces au soutien desquelles il aspirait, telles le gouvernement français, ne peut revendiquer la solution du problème majeur auquel le pays est confronté : une dette intolérable (qui est allée renflouer essentiellement les banques françaises et allemandes). La proposition d'organiser une Conférence internationale, comme celle de 1953 qui soulagea l' Allemagne de la plus grande partie des réparations de guerre, ouvrant la route au miracle économique, a été noyée dans une mer de menaces et d'ultimatums".

Dans ce climat, la réponse positive des Russes à la demande des grecs de pouvoir participer à la nouvelle banque des BRICS a été vraiment une bouffée de soulagement et d'optimisme pour l'opinion publique grecque."Nous résisterons" a affirmé M.Kouloglou, ovationné par la salle. Mais a-t-il ajouté, " il ne suffit plus que nos voeux accompagnent le gouvernement. La solidarité qu'il mérite doit être exprimés par des actes. Le temps est limité".