Les négociations entre le gouvernement grec et ses créanciers européens déconsidèrent totalement l'UE. En exigeant le remboursement d'une dette illégitime et illégale, celle-ci est devenue une annexe du système financier de l'oligarchie.

La Commission parlementaire grecque d'audit de la dette a bien montré que "la plupart des prêts publics consentis à l'Etat sont illégaux, car ils n'ont pas été utilisés au bénéfice de la population mais pour sauver les créanciers privés de la Grèce".  Les grandes banques - Deutsche Bank, Société Générale ou Crédit Agricole -  ont consenti, en s'appuyant sur le système bancaire grec, des prêts à des débiteurs qu'on savait incapables de rembourser.

Une fois que cela s'est avéré, ces grandes banques ont appelé à leur secours les institutions européennes, qui ont complaisamment repris leurs créances plus que douteuses. Résultat : les grandes banques ne sont plus exposées auprès de la Grèce et ce sont les États européens, c'est-à-dire vous et moi, qui le sommes devenus, à travers la B.C.E et le Fonds européen de Stabilité financière (F.E.S.F) !

Cependant, le peuple  et les entreprises grecques sont dans une situation bien pire. Alors que la dette publique est passée de 100% du P.I.B en 2008 à environ 180% aujourd'hui, le taux de chômage officiel atteint 27% de la population et plus d'un jeune sur deux est sans emploi. La production nationale annuelle s'est effondrée de 25% et l'investissement de 23% entre 2009 et 2013. Ces souffrances ne sont pas le fruit du hasard ni d'erreur de gestion. L'austérité a été imposée à la Grèce pour qu'elle donne à tous l'exemple d'une soumission à la loi du plus fort.

Les "droits humains" du peuple grec ont été violés par des mesures dont les conséquences économiques et sociales étaient clairement mesurées au sein du F.M.I et de la BCE ! La dette, outre son caractère illégal; est donc bien politiquement et économiquement illégitime et socialement odieuse.

Cette semaine les banques grecques ont fermé leur guichet, et l"on peut juste faire un retrait de 60 €. L'Etat, lui, doit se saigner aux quatre veines pour rembourser le FMI, dont il a prolongé toutes les échéances de juin à ce jour 30, pour des sommes s'élevant à 1,7 milliards d'euros. On ne sait pas si dans le système actuel, cette échéance pourra être tenue, mais tout le monde reconnaît que les suivantes, auprès de divers créanciers, ne pourront jamais l'être.

La Grèce vit donc d'expédient avant sa mort financière. Et au lieu de tenter de la sauver, les institutions et les États sont devenus des comptables tortionnaires, discutant autour de leurs tables d'augmentation de taux de TVA, dans l'hôtellerie où dans les îles, de diminution du montant des retraites et des salaires et de taxes supplémentaires. La découpe du cadavre devient bal des vampires. (Les cavaliers de l'apocalypse du Nouvel ordre Mondial sont à la manoeuvre.;!).

Les médias français et européens nous inondent de contre propagande  dénonçant les "profiteurs grecs" , comme si les victimes n'étaient pas eux et nous. Cela évite de poser la vraie question, celle de la restructuration d'une dette dont seuls 10% ont bénéficié au peuple grec. Sans cette restructuration la Grèce ne peut survivre.

C'est pourquoi l'enjeu n'est pas le Grexit mais l'Euroxit, la dissolution d'un ensemble "européen" devenu prédateur. La France, si elle était ce qu'elle fut, devrait montrer l'alternative : elle existe, c'est le monde gagnant/gagnant des BRICS, au sein duquel nous aurions un autre rôle à jouer que celui de nous détruire nous-même.