Les marchés financiers sont agités par la question de l'éventuelle hausse de son taux directeur par la FED, dont on ne sait même pas avec certitude quel impact elle aurait si elle intervenait prochainement !

La hausse du dollar, la chute des prix du pétrole, de l'or et des principales matières premières, la faiblesse persistante de l'économie US et du pouvoir d'achat de la majorité des américains, donc de la communauté domestique,( mais surtout la chute ininterrompue de la vitesse de circulation de la monnaie et du multiplicateur de crédit déjà évoquée à de nombreuses reprises...) et la hausse du déficit commercial,( en dépit d'une amélioration relative du niveau de l'emploi) , du relèvement de certains salaires et de la hausse ces dernières années du marché d'actions aux US, tout cela dresse un panorama déflationniste et récessionniste de l'économie US ne plaidant absolument pas pour une hausse prochaine de son taux directeur par la FED.

Alors pourquoi agirait-elle ainsi ?

Quatre hypothèses sont à envisager : 1/ Parce qu'elle craint une inflation qu'elle veut contrôler avant qu'elle ne se produise, 2/ Parce qu'elle veut ralentir la bulle des actions avant qu'elle devienne incontrôlable et se termine par un krach, 3/ Parce qu'elle veut se redonner des moyens de stimulation qu'elle n'a plus pour le cas où une nouvelle récession internviendrait, 4/ Pour satisfaire l'énorme pression des banques, compagnies d'assurance et fonds de pension US dont la rentabilité est tombée très bas, en raison du taux directeur à zéro, ce qui dégrade fortement leurs marges (sur les prêts étudiants, particuliers, automobile et immobilier qui constituent l'essentiel de leurs engagements), et donc leurs bilans.

Il semble que ce serait la 4ème hypothèse qui serait la bonne, étant donné que la FED est au service des grandes banques "Too Big To Fall" - TBTF - (qui en sont les actionnaires et qui emploient ses anciens dirigeants aussitôt qu'ils quittent leurs postes à la FED) donc de Wall Street et non pas de "Main Street". D'autant qu'en relevant son taux directeur le blason de la FED serait, pense-t-elle, redoré puisqu'elle pourrait argumenter que le début de normalisation de sa politique monétaire en matière de taux courts montrerait que son action a été couronnée de succès étant donné qu'elle commencerait à y mettre un terme. (Le même argument fallacieux ayant été employé par elle lors de l'arrêt de son QE3..!).

La question est : La FED va-t-elle commettre la même erreur qu'en 1937 ?

Lorsqu'elle avait infléchi trop tôt sa politique monétaire laxiste d'alors, ce qui avait provoqué le retour de la dépression et un second krach boursier pareil à celui de 1929...! La réponse est probablement oui ,sans qu'elle puisse dire quand !!!  Tout simplement parce le rélèvement de son taux directeur entraînera une bien meilleure rémunération des énormes réserves en cash déposées par les banques TBTF auprès d'elle, les dissuaderait plus encore que maintenant de les investir dans l'économie réelle, de les prêter ou même d'acheter des obligations d' Etat US avec ce cash.

Ce qui ferait remonter les taux d'intérêt à moyen et long termes US, mais aussi allemands ou européens, et donc le dollar US contre la plupart des monnaies au moment où il ne le faut pas pour les grandes entreprises US qui perdent de plus en plus de marchés à l'extérieur...

Même si la situation de l'économie US ne le justifie pas, la FED devrait à la première occasion relever son taux directeur pour satisfaire les pressions des banques américaines TBTF dans ce sens, dont le lobby est tout puissant.

Il est temps de cesser tout nombrilisme et de considérer le processus de mondialisation, non plus de côté des pays occidentaux et du Japon dont les économies entrées dans la GRANDE STAGNATION SÉCULAIRE - DÉFLATION ont été détruites par les politiques de leurs banques centrales, le vieillissement de leurs populations et la GLOBALISION ANACHRONIQUE  conduisant à leur des-industrialisation via les dé-localisation massives,( c-à-d au chômage de masse desdites populations), mais de considérer les pays émergents et en développement là où se situe la CROISSANCE FUTURE (alimentée principalement par l'augmentation de leur consommation intérieure)