Le très massif QE européen (entre 1000 et 1400 milliards d'euros), que la BCE va prochainement commencer à mettre en place, a déjà eu comme effets d'empêcher toute reprise de l'euro/dollar US (qui reste bloqué entre 1,11 et 1,540 depuis début février 2015) et de faire monter les obligations d'État européennes et les actions européennes, en dépit de la crise entre la Grèce et l' UE et de la faiblesse de la croissance économique en Europe et ailleurs.  

La liquidité massive qui va être prochainement injectée dans la zone euro a déjà déconnecté les prix des actifs financiers européens de la réalité. La vérité c'est que les banques centrales réussissent encore à gagner du temps en imprimant toujours plus de fausse monnaie qui n'enrichit qu'une toute petite caste de financiers ou d'investisseurs ( le 1 %) sans pour autant assurer une croissance économique soutenue parce que la création monétaire reste dans la "trappe à liquidité" . Tous les prix sont faussés et cela peut encore durer longtemps. La finance mondiale est devenue virtuelle , ni vous ni nous n'y pouvons rien !!!

Si les actions européennes sont vraisemblablement promises à une hausse supplémentaire soutenue, du seul fait de la création de liquidités massives en euros qui n'ira évidemment pas dans l'économie européenne réelle en déflation mais se placera en bourse ( "la trappe à liquidité"); en revanche les obligations d'État européennes, une fois que les taux allemands à 10 ans actuellement à 0,33 % auront atteint zéro % ou un taux voisin courant mars avril, devraient rechuter puisqu'il n' y aura plus rien à gagner (et même beaucoup à perdre puisque le QE fera nécessairement chuter l'euro/dollar vers la parité.

C'est alors que les investisseurs européens et internationaux se précipiteront en masse sur les obligations d'État US (au surplus valorisées par un dollar US orienté à la hausse contrairement aux obligations d'Etat européennes valorisées dans un euro orienté à la baisse), les taux US à  ans étant à 2,11 % donc bien plus rémunérateurs que les taux allemands à 10 ans. sont bien sûr candidat à l'achat d'obligations d'État US les investisseurs de tous les pays dont les banques centrales ont instauré des taux courts négatifs (Suisse, Suède, Danemarck, etc..) et des pays émergents.

Qu'adviendra-t-il alors de l'euro déserté par les investisseurs obligataires ? Finira-t-il par se désintégrer entre un "euro-deutschmark" et plusieurs "euros nationaux" étant donné que la politique de QE européen consacrera la re-nationalisation des politiques monétaires en zone euro... (la BCE aura 20% du QE à sa charge et les banques centrales nationales en auront 80% à la leur?).  Ce qui aura pour conséquence une divergence entre les différents taux d'intérêt à 10 ans dans chaque Etat dans la même zone monétaire.

On aboutit ainsi au contraire de ce à quoi l'euro était supposé conduire. Les deux dogmes sur lesquels il reposait (l'indépendance de la BCE et l'interdiction pour elle de financer les déficits des États-membres) ne sont plus que fictions. Autant revenir aux monnaies nationales qui pourront être gérées conformément aux nécessités de chaque pays.

La FED quant à elle n'a aucune intention de relever ses taux à court terme, le pétrole brut poursuivant sa chute et l'or, l'argent métal et le franc suisse (les actifs supposés refuges, mais ne l'étant plus parce que porteur de cash flow négatif)  baissent nettement ce qui suffit à maintenir les pressions déflationnistes aux USA et ailleurs.

L'or quant à lui (devenu un actif politique que les USA et leurs alliés occidentaux ne veulent à aucun prix laisser monter) devrait hélas casser son plus bas de 2014 (ce qui contribuera, avec la fixation de taux négatifs par plusieurs banques centrales, à "l'euthanasie du rentier"). Ne pas garder donc d'or et d'argent métal qui sont toujours en tendance baissière.