Depuis le début 2014, les obligations d'Etat US ont sur-performé les actions US, les actions européennes, asiatiques et émergentes, l'or et les matières premières.Mais aussi les autres obligations d'Etat en raison de la hausse du dollar par rapport à toutes le monnaies

Cette tendance de hausse qui a commencé en 2014, (année qui doit être considérée comme une période charnière de transition entre la fin du bull market sur les actions), et le début du bulle market sur les obligations, (pour une raison démographique poussant les épargnants à sortir du risque pour revenir dans la rémunération -même fable - à taux fixe), a toutes les raisons de s'amplifier en 2015 étant donné que les actions (surtout), l'or et les matières premières, ont probablement devant elles une marge de baisse non négligeable. Tant en raison de la hausse du dollar, que de l'environnement de récession/déflation globale mondialisée, qui devrait s'aggraver.

C'est un double motif pour lequel les banques centrales occidentales (US, européennes, britannique, du Japon et de Chine), seront incapables de remonter leurs taux d'intérêt à court terme en 2015, d'autant plus que l'inflation, dérivée de la création monétaire, happée par la "trappe à liquidité" a presque disparu, ce qui plaide pour une poursuite de la baisse des taux d'intérêt US à moyen et long termes en direction de leurs plus bas de 2012, voire même en dessous. Toutefois, les politiques monétaires ultra-laxistes de ces banques centrales, qui sont la seule cause de la hausse des marchés actions, ne devraient pas pouvoir se poursuivre au même rythme, ce qui devrait faire rebaisser lesdits marchés d'actions (dans la mesure où la FED a cessé son QE) , la BCE ne pourra pas faire un vrai QE (l'Allemagne le refuse) et que la banque du Japon pourrait devoir faire marche arrière afin d'éviter l'effondrement du Yen sur le point de devenir contre-productif pour ce pays. Il n'y a que la BNS, dont les bilan représente déjà le pourcentage ahurissant de 85% du PIB suisse, qui soit en mesure d'aller encore plus loin.

Une hausse du dollar/yen (principale source de liquidité alimentant la hausse des marchés d'actions via le carry trade) au dessus de 125 pourrait faire exploser la situation économico-financière du Japon...et entraîner des réactions très fortes de ses partenaires commerciaux qui prendraient alors contre lui des mesures protectionnistes pour se protéger de la monstrueuse dévaluation compétitive sans fin du yen...Comme c'est porbablemnt le retournement à la baisse  du dollar/yen qui sera la cause immédiate directe du krach boursier mondial. Il faut le surveiller particulièrement...le franchissement des 125 précipiterait aussi, selon les agences de notation, un défaut sur la dette publique japonaise (la plus grande du monde), accidentel ou sciemment organisé par Shinzo Abe, que plus personne n'achèterait, ni les japonais ni les étrangers.

Il est possible que la Banque du Japon supprime la dette du gouvernement après que le taux yen/dollar soit passé en dessous de 80. en 2014, la reprise mondiale s'essoufle, avec à la clé une corrections des actifs risqués qui oblige les investisseurs à se repositionner sur le yen qui passe sous le seuil des 80 pour un dollar US. En désespoir de cause, la Banque du Japon passe tout simplement par pertes et profits l'ensemble des emprunts d'Etat en sa possession, un subterfuge comptable simple mais inédit dont le résultat engage les pays dans un voyage en terre inconnue éprouvant pour les nerfs et aux effets secondaires potentiellement dévastateurs.

Les manipulations de banques centrales visant à ACHETER DU TEMPS, n'ayant de chance d'être couronnées de succès que si elles parviennent à injecter toujours plus de liquidité dans les marchés d'actions, ne devraient plus être aussi efficaces à retarder l'inéluctable éclatement de la seconde plus grande bulle boursière jamais artificiellement organisée, l'économie réelle n'étant pas parvenue à prendre le relai desdites banques centrales avant que celles-ci doivent revenir à des politiques moins laxistes.

A noter, enfin, que la hausse du dollar US, si elle est plutôt positive pour les actions européennes, asiatiques et émergentes (les entreprises de ces pays enregistrant dans ce cas une amélioration de leurs exportations), surtout en raison du supplément de liquidité provenant du carry trade sur le dollar/yen, est à terme négative pour les actions US (les entreprises US perdant des parts de marché du fait de la sur-évaluation de leur monnaie) qui vont donc devoir subir ce choc monétaire de plein fouet . Le problème étant que les niveaux de prix de tous les indices boursiers très sur-évalués, au-delà des phénomènes monétaires, n'ont déjà plus depuis longtemps aucune correspondance avec la réalité économique d'une croissance US faible et de la récession/déflation tant en Europe qu'au Japon.

Les BRICS quant à eux ont commencé aussi une spirale de renversement de leurs "miracles" économiques passés. La hausse du dollar US n'ayant évidemment pas que des aspects positifs pour les pays étrangers, dont elle fait chuter les revenus de ceux qui  produisent des matières premières et renchérit le coût des importations de ceux qui n'en produisent pas, tout en aggravant le coût de la dette de presque tous dans un contexte de déflation prolongée (Union européenne actuellement) ou, tout au contraire, de dérapage inflationniste incontrôlé (Russie actuellement).

Depuis plusieurs années que la planète finance fait l'objet des manipulations des banques centrales et des grandes banques privées (too big to fail) les marchés financiers "libres" n'existent plus, leurs fluctuations sont la plupart du temps irrationnelles et donc durablement éloignés de toute logique, raison pour laquelle la prévision et la gestion financières sont devenues hautement aléatoires et risquées. Il importe donc de se garder de théories compliquées et/ou fumeuses, de raisonner simplement avec bon sens, en tentant de ne pas se faire prendre dans les pièges tendus par les manipulateurs publics ou privés, ce qui est hélas plus facile à énoncer qu'à pratiquer...

Planification monétaire centrale des institutions monétaires + répression financière des gouvernements + pratiques déloyales des grandes banques privées = quasi impossibilité pour un particulier de faire fructifier un patrimoine sur le moyen et long terme à moins d'être très chanceux ou de disposer d'information "inside" (ce qui n'est l'apanage que de très peu de gens à la tête des Goldman Sachs et consorts, parce que proche de la FED ou de la BCE, qui les gardent pour eux en faisant d'ailleurs faire à leurs clients le contraire de ce qu'ils font eux-mêmes afin de brouiller les pistes et de ne pas se faire prendre par les régulateurs dans les utilisations répréhensibles de ces informations) !