L'Europe entraînée dans une division du monde entre débiteurs et créditeurs : les solutions désespérées des Etats-Unis pour ne pas sombrer seuls !

(selon LEAP/2020)

Un rideau de fer séparant anciennes puissances (le monde d'avant) et pays émergents (le monde d'après)..débiteurs et créditeurs. Et ce dans l'espoir un peu fou de préserver " l' American way of the life" et l'influence des États-Unis sur "leur" camp à défaut de pouvoir l'imposer sur le monde entier.(le monde" unipolaire"). en d'autres termes, sombrer avec le plus de compagnons possibles pour avoir l'impression de ne pas sombrer.

Pour les États-Unis, c'est en effet l'enjeu actuel : entraîner avec eux tout le camp occidental pour pouvoir continuer à dominer et à commercer avec suffisamment de pays. On assiste à une formidable opération de retournement d'opinions et de leaders en Europe afin d'assurer des gouvernants dociles et compréhensifs vis-à-vis du patron américain, soutenue par une blitzkrieg pour les lier définitivement avec le TTIP et pour les couper de ce qui pourrait être leur planche de salut, à savoir les BRICS, leurs immenses marchés, leur dynamisme d'avenir.

A la lumière de la dangerosité extrême des méthodes employées par les États-Unis, il va sans dire que quitter le navire US ne serait pas un acte de trahison de la part de l' Europe, mais bien une avancée majeure pour le monde. Malheureusement les dirigeants européens les plus raisonnables sont complètement paralysés et la meilleure stratégie qu'ils soient encore capables de mettre en oeuvre dans le meilleur des cas, semble être une simple temporisation certes utile et bienvenue mais guère suffisante.

A l'heure d'internet et des affaires du type "leaks", garder un secret est devenu difficile pour les agents secrets et pour les pays aux mains sales. Outre les révélations de Snowden et de Wikileaks, on a encore appris récemment que les États-Unis étaient derrière un réseau social à Cuba visant à déstabiliser le pouvoir en place (The Guardian 03/04/2014). Ou on a pu visionner cette vidéo fuitée opportunément sur Youtube (Reuters 06/02/2014) montrant les américains à la manoeuvre derrière le coup d' État en Ukraine.

Ou encore, il semblerait qu'ils ne soient pas innocents dans la déstabilisation actuelle d' Erdogan en Turquie...(Pas étonnant qu'Erdogan ait décidé de couper Twitter en Turquie)...Les masques tombent...sur des évidences certes, mais que plus personne ne peut ignorer.

Mais les États-Unis ne se contentent plus des pays en développement ou des républiques bananières..En Europe, ils parviennent également à retourner les dirigeants les uns après les autres, afin qu'ils suivent les intérêts américains docilement. Ce n'est plus "ce qui est bon pour General Motors est bon pour l' Amérique" comme le déclarait Charles Wilson (ex Pdg de GM) en 1953, mais "ce qui est bon pour les États-Unis est bon pour l' Europe".

Ils avaient déjà le soutien de Cameron, Rajoy, Barroso, Asthon...ils ont réussi à obtenir celui de la Pologne de Donald Tusk alors que celui-ci était fortement réfractaire en début de mandat, celui de l'Italie grâce au coup d' État opportun de Renzi, et de la France de Hollande/Valls grâce en particulier au remaniement ministériel et un premier ministre peu suspect d'antiaméricanisme.

Contrairement au début de son mandat où il jouait la carte de l'indépendance, sur le Mali ou sur d'autres fronts, François Hollande semble maintenant complètement soumis aux États-Unis. Quelles pressions a-t-il subies ? L'Allemagne, quant à elle, résiste encore un peu mais pour combien de temps?

L'Europe est ainsi entraînée vers l'intérêt US qui n'est pas le sien, ni en termes de politique, ni de géopolitique, ni de commerce. Alors que les BRICS ont choisi une voie opposée et cherchent à se dégager à tout prix de l'influence désormais profondément néfaste des Etats-Unis. L'Europe est pour l'instant le dindon de la farce. En témoigne par exemple l'achat par la Belgique de 130 milliards de dollars de bons du Trésor américain, (dont la Chine s'est débarrassés),  en trois mois d'octobre 2013 à janvier 2014 (dernière donnée disponible, soit un rythme annuel supérieur à son PIB...)

Ce n'est certainement pas la Belgique elle-même qui est responsable de cette aberration, mais bien sûr Bruxelles, c'est-à-dire l' UE, en tant que petit soldat US..!

Politiquement l' Europe est donc étouffée par les États-Unis qui peuvent s'en donner à coeur joie en l'absence de tout leadership. Et le moyen de sceller définitivement cette mainmise américaine sur l'Europe s'appelle TTIP...

Contrairement aux discours triomphants de la "reprise" reposant sur les prix immobiliers qui remontent et la bourse qui est au plus haut, l'économie réelle US est aux abois. Le taux de privation alimentaire est plus élevé qu'en Grèce. Les magasins, même bon marché, mettent la clé sous la porte faute de clients, Les demandes d'emprunt immobilier sont au plus bas, ce qui augure mal de la suite et présage un retournement imminent..!