"Toute voix (incluant les ONG) osant s'inquièter du désastre socio-économique en cours et du rétrécissement des libertés et de la démocratie s'expose au soupçon"

Un article publié au "Courrier des Balkans" retrace la situation en Macédoine et appelle à la mobilisation des "forces progressistes" de tous les pays : élections en Macédoine : progressistes de tout le pays, unissez-vous !

En Europe aussi il est urgent de mobiliser les forces "innovantes" et démocratiques, "progressistes", non pas à cause d'un vent de nationalisme - les citoyens européens ne sont pas des xénophobes, racistes d'extrême droite comme les médias et les milieux politiques se plaisent à les dépeindre -, mais parce qu'en Europe aussi : " Toute voix (incluant les ONG) osant s'inquièter du désastre socio-économique en cours et du rétrécissement des libertés et de la démocratie s'expose au soupçon"...En Europe tout "euro-critique" est mis dans le même sac que tous les néo-nazi, extrémistes, populistes anti-européens...(le même sac que celui des "terroristes" comme si bien illustré par la photo du Time Magazine ou encore le coup de poing anti-manifestation par le nouveau gouvernement ukrainien). 

Nous sommes au bord d'une société civile " policière" où l'on interdit les manifestations, tape sur les citoyens sur le mode espagnol, on laisse des forces spéciales intervenir sous couvert de mission anti-terroriste ( Ukraine), on rassemble et on transfère les données privées ( NSA,SWIFT... ) on éduque à la langue unique, on réduit les expressions culturelles à l'aune des régionalismes, et nos salaires, nourritures,santé à celle du modèle américain qui écoeure depuis longtemps tout le monde, y compris ce qui lui reste de sa culture, son cinéma.

Nous sommes dans une société civile en régression à dimension "transeuropéenne" dans laquelle des acteurs européens, sans légitimité politique (Commission européenne, Conseil des ministres) s'offrent les moyens (légaux) d'écarter les citoyens des processus décisionnels (cela a commence avec Lisbonne, s'est traduit dernièrement par les questions de l' Ukraine OTAN,TTIP, élargissement voire même anti-avortement..), faisant semblant de leur accorder des outils "démocratiques" qui in fine se retournent contre eux : la deuxième ICE qui a récolté plus de 1,8 millions de signatures a été menée par des intégristes religieux, contre la science et contre le droit à l'avortement.

Les chefs d'Etat ont fait eux-mêmes le choix du futur président de la Commission européenne, en adoubant les candidats que les grands partis se sont choisis parmi les éternels ronds-de-cuir des salons bruxellois ( comme si l' Europe ne comptait parmi ses 500 millions de citoyens qu'une poignée de femmes et d'hommes politiques ) . Les acteurs étrangers aux intérêts purement économiques et financiers le savent bien quand ils viennent négocier leurs traités et leurs accords directement à Bruxelles.

Car, le pouvoir est devenu européen, pouvoir économique, financier, stratégique,diplomatique, réglementaire, et donc, désormais en temps de crise, également social et politique.

Mais les forces progressistes démocratiques ne semblent pas avoir compris qu'il leur fallait briser elles aussi les carcans nationaux dans lesquels on tente de les museler : les élections européennes sont toujours 28 élections nationales et bravement elles battent campagne au plus près des citoyens , au plus loin du pouvoir. Mais si elles veulent réussir elles doivent pouvoir raccorder les deux "bouts", et cela ne passe que par un avenir trans-européen.

Le pouvoir de changer la réalité, pour améliorer la situation du plus grand nombre et pour servir l'intérêt collectif, nécessite le contrôle du pouvoir là où il est ... et non pas là où on préfère penser qu'il se trouve.

Forces progressites, innovantes, démocratiques de tous les pays européens unissez-vous pour prendre ensemble le pouvoir à Bruxelles pour sauver non pas l' Europe, mais les européens ! Sauvez ce qui reste d'indépendance et de paix pour les européens ! 

source : Marianne Rank-Cormier. ( Newropeans)