Le passé justifie-t-il le présent ?

Rien n'est moins certain. Il semble pourtant l'expliquer, et même le dépasser, si l'on en croit Jacques de Brochard.

Son livre, " Le mirage du futur" , a été édité au Brésil en attendant d'être traduit dans plusieurs langues et de revenir, espérons-le, dans le pays d'origne de l'auteur.

Deux thèses, deux "clubs"; deux conceptions différentes du mondialisme.

- Une premiere tenant du mondialisme unique : un monde "unipolaire" voulu par les Etats-Unis derrière lesquels se cachent le CFR, la Trilatérale, le Bilderberg..(le N.W.O)

- .et une seconde qui prévoit un autre équilibre, un monde "multipolaire", un découpage de la planète en en quatre zones distincts., souhaité par les BRICS et autres pays émergents.

Ce sont ceux de ce dernier ordre qui, selon Jacques de Brochard, l'emporterait aujourd'hui. Ce serait la programmation des plans des uns et des autres qui serait à l'origine des grands événements de ces dernières années et de ces derniers mois : " Curieusement, tous les pouvoirs politiques, économiques, militaires et religieux se sont mis en mouvement, animés peut-être par une même cause, ils semblent se diriger vers le même point. A l'aube de la nouvelle décennie tous accélèrent l'allure..mais pour aller où ? étrange non ?

Préambule ? sans doute ! Mais la machine est en route depuis longtemps déjà et ce n'est pas la juxtaposition d'événements incontrôlables qui la dirige, mais la volonté des hommes. D'une poignée d'hommes, ou d'initiés. D'autres l'ont conçue, avant eux, comme le souligne l'auteur dans une longue évocation qui, à travers le passé, tente de comprendre le présent pour introduire l'avenir. La démarche est osée, suffisamment pour avoir effrayé des éditeurs français qui n'ont pas encore osé publier l'ouvrage, se retranchant derrière des explications peu convaincantes.

Un fait est acquis, avant la libération des pays satelliques de l'URSS, avant la réunification allemande, avant l'explosion du conflit dans le Golfe, la fin de l'appartheid..Jacques de Brochart annonçait ces différents événements, avec le tinming pour leur mise en place. Un plan lancé, rien ne devrait pouvoir l'entraver. Quelque soixante dix années plus tard  (après Yalta) les conditions ne sont plus les mêmes, il ne faut plus construire le monde, il faut le réparer, le restaurer, l'aménager. Ce qui est moins facile que créer.

Aussi le plan doit-il se dérouler en deux temps. Le premier rédessine le panorama politico-militaire en quatre zones. Washington, Bruxelles, Moscou, Pekin sont promues capitales du monde. C'est le premier acte.

Le deuxième acte s'esquisse par touches successives, délicates, subtiles, mais sa finalité est monétaire. A Bretton Wood, il avait été convenu que le dollar perdrait de sa suprématie, à mesure que les économies mondiales se relèveraient de leurs cendres.

Par facilité, il n'en fut rien. Tous préféraient se taire, plutôt que de payer les prix de l'effort. Le dollar devait assumer la paix dans le monde, assurer la protection des amants de la liberté, diffuser le savoir, assister les économies déficientes, de tous ceux qui faisaient des choix malheureux. Ne pouvant tout supporter, les attaques et les contradictions, l'amour et la haine, le dollar tombe malade: Il est victime de son succès ou des manipulations mondialistes des clubs et des instituts financiers mondiaux.

Tous doivent faire semblant de le soutenir, de rembourser la dette ou les intérêts...Tous jugent ce recul nécessaire, le temps de mettre en place une stratégie dont personne ne veut ouvertement endosser la paternité. Le premier acte se déroule presque sans incidence, mais son existence ne se justifie que par rapport au second.

Osons imaginer le scénario du second acte, celui de l'incroyable..dès que les quatres maisons communes seront construites, poursuit Jacques de Brochard, alors seulement tout sera prêt : l'euro se met progressivement en place, le rouble devient peu à peu convertible, le yuang et le dollar s'affirment dans leurs zones respectives.

Les quatre zones monétaires sont calquées, comme par le plus heureux des hasards sur les quatre maisons politico-militaires. Comme en 1945, cette fois, le décor est exclusivement financier. Il s'agit bien d'un plan réfléchi, délibéré, exécuté. (et cela en dépit de toutes les oppositions).

Poursuivons le schéma de l'auteur qui envisage l'avenir : " Dès lors que tout est en place, les banques reçoivent l'ordre de ne plus soutenir le dollar, il baisse. Les débiteurs sont euphoriques : la dette se gomme d'elle-même. Tous applaudissent, même si les banquiers, les financiers et les boursiers, tous ceux qui possèdent restent un instant pantois. L'ampleur à la baisse de l'unique devise internationale est sans précédent. Tous vendent, mais il n'y a plus d'acheteurs. C'est l'effondrement. Pour s'en débarrasser les détenteurs de papier achètent les Etats-Unis".

Les prix s'envolent. Pris entre la baisse de la valeur de la monnaie et l'augmentation de la valeur des biens, l'Amérique agonise à son tour. Fort de l'expérience de 1929, le président américain décide que tous les dollars détenus par des étrangers, ou à l'étranger, sont démonétisés. L'unique monnaie du monde n'existe plus.

Les Etats-Unis mettent immédiatement  le nouveau dollar pré-imprimé en circulation. Seuls les américains peuvent l'échanger. Les avoirs étrangers sont gelés. La tempête se calme, l'ouragan est passé. Le monde perd sa dette. Les Etats-Unis aussi, il n'y a plus de débiteurs. Les pays pauvres reprennent espoir. Les pays plus riches qu'endettés, perdent leurs créances, il n'y a plus de créanciers. Le Sud espère, le Nord désespère. Les débiteurs revivent, les créanciers survivent.

Ce serait d'après l'auteur, le prix à payer pour sauver l'outil de production et les producteurs, c'est-à-dire la richesse au détriment de son symbole, la monnaie et de ses manipulateurs les instituts monétaires et les banques. Tout cela décidé par un club..

La zone "dollar" va couvrir l'ensemble du continent américain de la Pentagonie à l' Alaska en passant par les Caraïbes  Mieux vaut allier matières premières et technicité et être riche ensemble que pauvre et seul. Déjà le Canada,le Mexique et les Etats-Unis ont conclu des accords de libre échange.

Les européens, selon Jacques de Brochard, libérés de leur dettes, perdent aussi leurs créances. A l'image de ce qui se passe sur le continent dollar, l'Afrique est invitée à se joindre à la zone euro pour créer l'ensemble eurafricain. L' Europe sauve l' Afrique d'elle même. La confédération euro, presque sédentaire en Europe Occidentale, est prise entre l' Europe nomadisée par les dogmes, l' Afrique noire nomadisée par les traditions, et l' Afrique musulmane nomadisée par religion. Ils forment la zone euro.  (1)

L'épuisement de leurs gisements pétroliers transforment les russes en clients fort convenables pour le Sud. Tous les pays producteurs d'or noir de la région comprise entre la Méditerrannée orientale et l Inde, de la mer noire à l'océan indien, ont perdu devises, titres, réserves, à l'exception de ce qui leur reste d'énergie fossile. Par réaction, par haine et par vengeance, ils acceptent de s'unir de faire cause commune. Les russes accèdent aux mers chaudes. L'extrémisme athée des camarades du Nord et l'intégrisme religieux des frères du Sud sont fait pour se compléter. Ils adorent un dieu unique : le nomadisme. La zone rouble est constituée.

En Asie, la Chine et le Japon perdent leurs immenses fortunes libellées en dollars, mais la Chine a cependant eu le temps d'acquérir des biens à travers le monde. L' Asie n'a plus de dette. Les Chinois proposent de transformer en yuang les avoirs et échanges à l'ensemble leurs voisins..la zone yuang se découvre.

Le découpage étant fait, les monnaies ne sont plus convertibles, mais chaque zone possède toute une gamme de matières premières. Revenir au troc est difficilement envisageable, sauf si les échanges compensatoires se réalisent à partir de biens industriels et technologiques voire d'un panier de valeurs refuges.

C'est le schéma qui , selon Jacques de Brochard, serait envisageable pour demain.  (mirage ???)

(1) sous réserve que l'Europe ne signe pas le Traité Transatlantique, car dans ce cas elle serait condamnée à rester dans la zone dollar. Hélas cette réserve semble fuire à la vitesse de la lumière.