Comme chaque année, le forum de Davos a réuni le gotha de la politique et du monde des affaires. Le 23 janvier 2014, le rapport annuel Edelman Trust Barometer

Le sondage spécial d'Edelman, commencé en 2001, a été mené auprès de 6000 personnes "assez influentes", écrit Nezavissimal'a gazeta : diplomées d'université, agées de 25 à 64 ans et originaires de 27 pays - le public informé, selon les termes du sondage. Il a été mené sous la direction de Richard Edelman, directeur général de cette société de relations publiques).

Il fut présenté aux grands patrons du village global, réunis à Davos, en Suisse. Il avertit du fait que "la cote de confiance des pouvoirs en place a brusquement chuté à travers le monde". La  baisse de confiance la plus significative est enregistrée aux États-Unis, en France et à Hong Kong ! La chute est verticale depuis 2009, autrement dit depuis l'illusion d'une reprise opérée à partir d'injections massives de liquidités par les banques centrales et concentrées dans les actifs financiers au détriment de l'économie réelle... donc de l'emploi et du revenu des citoyens. Cela peut expliquer l'effondrement de confiance des américains dans leur gouvernement alors que le chômage frôle les 19/22% aux États-Unis !

(Les États-Unis connaissent un déficit considérable de confiance envers le gouvernement. ils ont perdu 16% par rapport à l'année précédente et la popularité du gouvernement est de 7% en dessous de la moyenne. En fin de compte, l' Amérique affiche pratiquement le pire des résultats dans le monde occidental - suivie de quelques pays européens dont la France, l' Espagne et l' Italie).

Cela explique la future popularité printanière des parties dits "extrêmes": cela correspond aussi à ce que souhaitent ceux qui préparent la prochaine crise systémique : les eurosceptiques auroont leur rôle à jouer, mais pendant un bref laps de temps.

La défiance envers les élites, enfin exprimée dans un forum mondialiste de l'acabit de Davos, est un signe important . Le rapport Edelman Trust Barometer évoque une "tendance mondiale à la déception envers les élites". (Il s'agit bien évidemment des marionnettes gouvernementales et des réseaux maçonniques composés d'idiots utiles ). Sans surprise, un autre rapport présenté à cette réunion hivernale de Davos 2014, celui de l'organisation humanitaire britannique Oxfam, affirme que les 85 hommes les plus riches de la planète possèdent la même richesse que la moitié la plus pauvre de l'humanité, soit 3,5 milliards de personnes (c'est-à-dire 1 700 milliards de dollars), et 1% de la population détient la moitié des richesses mondiales,   ( soit 110 000 milliards de dollars ).

L'an dernier, 210 personnes ont rejoint le club des milliardaires en dollars ; il compte maintenant 1426 membres à travers le monde. Leur fortune totale s'élève à 5 400 milliards de dollars. Le magazine " Forbes" signale que parmi les milliardaires, on compte 110 russes dont 11 font partie des 85 personnes le plus riches du globe. Le premier de la liste russe est Alicher Ousmanov, avec 17,6 milliards de dollars ( 34 ème au classement "Forbes" ), le deuxième russe est en 41 ème position avec 16,5 milliards de dollars. tout cela alors qu'un russe sur huit vit sous le seuil de pauvreté, soit 12,6% de la population ou 17,6 millions de personnes.

Les auteurs du rapport estiment que l'élite mondiale écrit les lois en sa faveur, sape la démocratie et crée un cercle vicieux d'inégalités. Autrement dit, tous les ingrédients pour une bonne pérestroïka sont là ! Mais entendons bien que si les "gros" vont également beaucoup maigrir, un groupe de familles proches de la tête de la pyramide de pouvoir va s'en sortir à merveille. A noter aussi,chez ces derniers, qu'une partie importante de leurs biens appartient à des fondations qui échappent à l'impôt. Depuis un siècle que dure ce petit jeu, on comprend quel peut être leur avantage par rapport au commun de "riches".

Tandis que les prévisions des institutions supranationales semblent bien optimistes, Nariman Behravesh, économiste chez IHS Inc, signale " On constate un ralentissement alarmant dans les pays émergents" .Selon  lui, cette année, la contribution des marchés émergents à la croissance mondiale sera à son minimum depuis 2010. La politique monétaire très accommodante de la FED avait jusque-là favorisé de nombreux déplacements de liquidités vers ces marchés. Dans la mesure où l'accès aux liquidités gratuites diminue, d'importantes quantités d'argent quittent les pays émergents, provoquant ce que disent les journaux et les radios : des dévaluations monétaires en cascade et des hausses de taux (comme en Turquie). Le peso argentin, le rouble, la livre turque, le rand sud-africain etc.. plongent face au dollar.

Ajoutons encore qu'au sein des pays émergents (tirant la croissance), le retrait de capitaux réalisé en janvier 2014 par les grands fonds d'investissement, dépasse déjà la somme retirée globalement pour l'année 2013 ! Une importante partie de ces capitaux sont repartis vers les US ..et les marchés financiers européens. Les uns affirment que cela n'impactera pas l'occident, mais les nuages surviennent pour la période février/mars 2014....

Pour se faire une idée objective de la situation économique mondiale, il faut voir l"indice du Baltic Dry. Crée en 1998, cet indice est établi ( par la société britannique Baltic Exchange) sur une moyenne des prix pratiqués sur 24 routes mondiales de transport en vrac des matières premières sèches, tels que les minerais, le charbon, les métaux, les céréales, etc..C'est un indicateur des volumes à transporter dans les mois à venir ( les bateaux sont affrêtés plusieurs mois à l'avance) et donc une balise majeure illustrant la situation du commerce mondial ! Et que dit-il ?

Il vient de connaître un effondrement de 40% depuis le début de l'année ! En trente ans, c'est la pire situation, l'ampleur de la baisse n'a d'égal que la catastrophe remarquée au troisième trimestre 2008. C'est ce qui fait dire à Christine Lagarde ( qui n'a pas vu la crise de 2007/2008), présente à Davos , qu'il y a un risque de dérapage de la "reprise" ..!